‹ Terminaisons et traitement de la grossesse extra-uterineChapitre 22 sur 96 · Haydon. Obslotr. Traus., 18G}, vol. V, p · texte numérisé non relu

Haydon. Obslotr. Traus., 18G}, vol. V, p

poche entièremenl close, dans l'inléricur de laquelle on trouva lesquclcLle d'un crabiyon de deux mois. Ce fait est un exemple intéressant do répélilion de grossesse cxlra-utériue \ Au cours d'une première grossesse, il y avait eu mort du fœtus au deuxième mois, enkystement et rétention; la femme avait guéri. La seconde grossesse, également extra-utérine, s'était terminée par une rupture mortelle.

Dans un autre cas, publié par Blix, et résumé dans la thèse de Deschamps \ il s'agissait d'une femme chez laquelle on avait diagnostiqué l'existence d'une grossesse tubaire probable terminée par la guérison, et qui mourut deux ans plus tard de péritonite. A l'autopsie, on trouva dans la partie externe d'uiie des trompes un kyste intact renfermant les débris du squelette d'un petit fœtus. Ce kyste était resté complètement étranger à la production de la péritonite dont on trouva la cause dans une lésion ovariquo.

Nous avons tenu à insister sur ces faits, car nous verrons, à propos du traitement, qu'on s'est justement proposé d'obtenir le même résultat (mort et enkystement de l'embryon, dans les deux ou trois premiers mois) à l'aide de différents procédés.

Si les faits de rétention qui se produisent dans les premiers temps delà grossesse restent en général méconnus, il n'en est pas de même pour les cas où le fœlus succombe à une époque plus avancée ou au moment du terme. Depuis longtemps, on a signalé la tolérance de l'organisme maternel pour un fœtus extra-utérin plus ou moins volumineux.

Le kyste fœtal subit alors des modifications particulières qui peuvent être de plusieurs ordres. Le liquide amniotique se résorbe peu à peu ; les membranes s'appliquent sur le corps du fœtus ; le kyste tout entier se rétracte et diminue.

1. Consulter à cet égnrd : Puecli. De l;i ropélitioii des grossesses extrautérines. (Gaz. obstétricale, 5 novembre 1879).

2. Deschamps. Des divers modes de terminaison des grossesses extrautérines et de leur traitement. Th. Paris, 1880, p. 09.

de volume. En même temps, ses parois deviennent plus épaisses; elles prennent un aspect fibreux, parfois cartilagineux; elles peuvent enfin s'incruster de sels calcaires. Dans l'intérieur du kyste, le fœtus est envahi tantôt par la dégénérescence adipocireuse, tantôt par la momification ; parfois enfin il se calcifié comme son enveloppe.

L'incrustation calcaire du kyste le transforme en litliopédion. Cette modification est certainement la plus intéressante. Elle a été bien étudiée par Kûchenmeister dans un remarquable mémoire où il a réuni un grand nombre d'observations. Il admet que la formation des Hlhopédions peut se produire de trois façons différentes :

r Le fœtus, tombé dans la cavité abdominale (à la suite d'une rupture du sac), dépouillé de ses membranes et séparé de ses annexes, se momifie et se recouvre peu à peu d'une couche calcaire dont le dépôt se fait immédiatement sous lepiderme. C'est là le lithopédion vrai.

2° Le fœtus est resté envelojjpé dans ses membranes intactes, et l'incrustation calcaire porte seulement sur la paroi kystique ; dans ces cas, on le trouve au centre de son enveloppe pierreuse, momifié ou parfois ne présentant pas la moindre altération. C'est à cette dernière catégorie qu'appartenait le fœtus de Quimperlé présenté le 27 août 4883 cà l'Académie des Sciences, par M. le professeur Sappey. La rétention avait duré S6 ans. Voici d'ailleurs les détails de l'autopsie relatés par M. îSappey - lui-même, et que nous reproduisons à titre de curiosité : « La paroi abdominale largement incisée, on put constater que la tumeur était située en dehors de la matrice, sur le trajet de la trompe utérine droite, dans laquelle elle s'était manifestement développée. Cette tumeur, comme toutes

1. Kûchenmeister. Centr. fur Gyu., W 22, oct. 1880 : et Arch. fur Gvu.. ISSI B-XYll, p. 133.

2. Comptes rendus de l'Académie des Se, 27 août, 1883; etRevue .scientifique, l»"- septembre 1883, p. 284.

celles du même ordre, se présentait sous Paspect d'un kyslo irrégulièrement ovoïde, offrant la dureté du tissu osseux; son grand axe mesurait 14 cenlimèlres ; l'épaisseur de ses parois était de 2 à3 millimétrés seulement. Le kyste étant détaché, on le divisa, à l'aide d'une scie, en deux parties égales. Bien grande alors fut la surprise des spectateurs. Dans cette enveloppe, qui appartenait par tous ses attributs au monde minéral, il y avait un enfant ; et cet enfant, pendant sa captivité qui se prolongeait depuis cinquante- six ans, était resté dans un état do parfaite intégrité. Il se présentait dans l'attitude qui lui est ordinaire, les membres fléchis sur le tronc, la tête inclinée sur le thorax; ses membranes pupillaires, complètement développées, attestaient qu'il était âgé de six a sept mois. L'enveloppe cutanée, les organes superficiels, les viscères situés dans les grandes cavités, les muscles et toutes les parties du corps enfin avaient conservé leur consistance, leur souplesse, leur couleur normale. Le fœtus, en un mot, apparut aux yeux des assistants sous les traits d'un enfant qui vient de s'endormir. A ce spectacle inattendu, une sorte d'émotion s'empara de toutes les personnes présentes et se propagea au dehors avec la rapidité de l'éclair. Aussi chacun d'accourir pour voir celui qu'on appelait le petit vieillard de cinquantesix ans. »

3" L'incrustation peut porter à la fois sur les membranes et sur les parties fœtales.

La plus ancienne observation de lithopédion qu'on connaisse est celle du lithopédion de Sens, qui fut porté 28 ans; elle remonte à 1582 et a inspiré à Rousset ' un curieux poème en vers latins, dans lequel il se posa les trois questions suivantes: cur nasci non potuerit? cur per vigenli uclo annos in utero relentus non putruerit? cur in lapidem obduruerit? Nous citerons encore parmi les faits les plus anciens : le fœtus de Tou-

p ^jnJ^°"'''^' Cœsareus; Kœtus lapidons), l^aris, Ifi-JO.

louse ' (1678) dont la rcLondon dura 25 ans; — le fœlus de LcinzcU en Souabe (1720), qui resta 46 ans dans une des trompes ; toutefois, Kussmaul a pensé que, dans ce cas, il ne s'agissait pas d'un fœtus intra-utérin, mais d'un litliopédion situé dans une corne utérine rudimentairc ; — le fœtus de Joigny, retenu 30 ans (1748) et dont Morand ^ nous a légué l'histoire; — le litliopédion observé par Varnier et Mangin (1785) ; dans ce fait, il y avait grossesse gémellaire; la durée de la rétention fut de 33 ans; — le litbopédion de Londres (1790), âgé de 52 ans, etc.. Nous n'insisterons pas davantage sur cet historique et nous renverrons le lecteur désireux d'avoir des détails sur cet intéressant sujet au mémoire de Kûchenmeistcr.

Nous ne nous occuperons pas non plus de l'anatomie pathologique des lithopédions, et nous nous bornerons à mentionner les recherches liistologiques de Virchow % de Klopsch et celles plus récentes de M"" Sarrau te/, qui compare dans son travail les résultats des travaux de Klopsch aux conclusions auxquelles elle est arrivée elle-même. Disons seulement que chez ces fœtus la structure des tissus fondamentaux (derme, nerfs, tissus conjonctif, musculaire, osseux, etc..) est admirablement conservée. 11 y a, comme le dit M""" Sarraute, mortification simple sans putréfaction, et le plus souvent toutes les cavités, tous les interstices dos tissus sont remplis par des sels calcaires ou des sels dérivés de la graisse.

La santé de la femme chez laquelle existe cette rétention prolongée d'un fœtus extra-utérin avec les modifications que nous venons de signaler reste le plus habituellement inalté-

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