VuUict. Archiv. fiir Gyn., 1884, B'' XXII, p
plupart des cas de grossesse dite ovarique n'étaient que des grossesses développées dans un kyste tubo-ovarique préexistant. Il rappelle qu'en 1880 Burnier ' a démontré la présence de follicules de Graaf dans la paroi d'un kyste tubo-ovarique enlevé par Sclirœder, et que par conséquent la fécondation est possible au niveau de ces kystes. Se basant sur ce fait d'une part, et de l'autre sur une observation personnelle, YuUiet admet que la grossesse peut évoluer dans ces kystes en les distendant à l'instar d'une collection liquide. Le développement possible du fœtus jusqu'au terme normal lui paraît dû à cette circonstance, et sa remarque concorde d'ailleurs avec celle de Puech qui considère la marche et les terminaisons de la grossesse ovarique comme ne différant pas sensiblement de celles des grossesses abdominales.
Nous pouvons maintenant, nous plaçant au point de vue clinique, envisager d'une façon générale les terminaisons de la grossesse extra-utérine.
Il est évident qu'elles seront d'abord essentiellement différentes suivant le siège occupé par le produit de conception ; tantôt en effet le fœtus est emprisonné dans une cavité étroite, dont les parois, bien que présentant une certaine élasticité, ne peuvent se laisser distendre au delà d'un temps donné (grossesse tubaire, interstitielle); tantôt, au contraire, il a le champ plus libre pour son développement, ne rencontrant que peu de résistance de la part des parties voisines qui se laissent refouler facilement (grossesse abdominale). Dans le premier cas, une rupture ordinairement à brève échéance sera la conséquence fatale de la distension progressive et exagérée causée par l'accroissement de l'œuf. Nous aurons à étudier les diverses éventualités que comporte cette rupture. Dans le second cas, une rupture pourra encore se produire, mais beaucoup plus rarement, et la grossesse évoluera plus
d. Buraicr. Dissertât, inaug. Berlin, 1880.
longtemps et arrivera même parfois à son terme habituel.
D'autre part, les conditions anormales dans lesquelles a lieu la gestation extra-utérine nous expliquent la fréquence de la mort du fœtus, qu'il y ait ou non rupture du sac. A partir du moment où le fœtus aura succombé, de nouvelles terminaisons vont survenir; toutes seront la conséquence de la rétention de ce fœtus, devenu dans l'organisme maternel un véritable corps étranger.
Enfin, dans un troisième ordre de faits, la grossesse extrautérine sera terminée artificiellement par une intervention opératoire; c'est ce que nous verrons en décrivant le traitement.
Nous diviserons donc l'étude des terminaisons en deux chapitres distincts: 1" la rupture du kyste fœtal; 2° sa rétention.