Calvo. llist. de l'Acad. roy. des sciences, 1714, p
montre bien plus arrêté par la crainte de l'hémorrhagie que par les diflicullés opératoires.
Baudelocquc est beaucoup plus affîrmatif et se déclare partisan de l'ouverture de l'abdomen: « Si les seuls eiïorts de la nature, à la suite des grossesses extra-utérines, ont assuré plusieurs fois la vie de la mère, quoiqu'en l'exposant à mille dangers, si la femme bien plus souvent n'a été redevable de cet avantag'e qu'aux secours de l'art, que de maux ces secours, toujours trop tardifs pour l'enfant et souvent pour la mère, n'auraient-ils pas prévenus, si la chirurgie eût été moins timide à les proposer ou si elle eût rencontré des femmes assez courageuses pour s'y soumettre à temps ! L'ouverture du bas ventre, et de la trompe, selon les circonstances, en arrachant à la mort quelques-unes de ces femmes, aurait pu assurer en même temps la vie à plusieurs enfants conçus hors des voies ordinaires K »
Et plus loin, il dit encore : « Tout parle en faveur de celle-ci (l'opération), malgré le danger qui peut la suivre parce que le péril est encore plus certain si on ne la fait pas. »
La crainte de l'hémorrhagie après la délivrance ne l'arrête pas comme Levret, et il nous apprend qu' « on a déjà proposé de laisser le placenta jusqu'à ce qu'il soit détaché de lui-même et qu'il vienne se présenter à la plaie dans laquelle on aura eu soin de retenir le cordon ».
Ainsi, non seulement Baudelocque préconise la gastrotomie, mais il nous montre encore comment on doit éviter les dangers de l'hémorrhagie, en s'abstenant de toucher au placenta après l'extraction de l'enfant et en abandonnant son expulsion à la nature. Après Baudelocque, Antoine Dubois, Désormeaux, expriment la même opinion. Jleim ", en 1807, propose la gastrotomie et la pratique lui-même.
La question générale de l'intervention par la gastrotomie
1. .I.-L. Baïulclocfiiie. L'Art des AccouchemeiiLs, 1790, t. TI, p. 4Î)9.
2. Ilcim. Iloru's Arch. fiir mcdiz. Erfahr., N. F., 1812, U'i 1, p. 1.
dans la grossesse cxtra-uLérine est définitivement résolue ; mais en même temps nous voyons surgir celle de l'époque de l'intervention qui commence à diviser les accoucheurs ; les uns, et c'est la majorité, veulent opérer au moment où l'enfant est vivant ; les aulres redoutent les dangers de l'opération faite à cette époque ; les uns professent que le danger de l'hémorrhagie n'est pas suffisant pour sacrifier la vie de l'enfant et que d'ailleurs ce danger disparaît si l'on a soin d'abandonner l'expulsion du placenta à la nature ; les autres objectent que le placenta peut être lésé pendant l'opération et que, même au moment de son décollement spontané, du sang pourra encore couler en abondance Mais nous ne voulons pas insister, car nous avons déjà discuté ce point et nous avons montré, en parlant de la conduite à tenir lorsque l'enfant est vivant, que cette question qui divisait les anciens accoucheurs ne peut pas être considérée aujourd'hui encore comme définitivement résolue.
Lalaparotomiepeutêtrepratiquéependantle cours de la grossesse extra-utérine à des époques bien différentes : soit pendant la première moitié de la grossesse; soit pendant la seconde moitié, l'enfant étant vivant ; soit enfin lorsque le fœtus a succombé.
On a depuis longtemps divisé la gastrotomic en deux groupes bien différents : l'opération est dite primitive quand elle a lieu pendant la vie de l'enfant; secondaire, lorsqu'elle est pratiquée après sa mort. Toutefois, Lilzmann fait remarquer que les auteurs ne sont pas toujours d'accord et que telle opération considérée comme primitive par les uns est rangée dans les secondaires par les autres; il aime mieux adopter les termes suivants : gastrotomie faite pendant la vie de l'enfant, gastrotomic pratiquée après sa mort. Telles sont aussi les expressions dont nous nous servirons plus volontiers.