US FR
de l’assise épithéliale. C’est aux dépens de ceux-ci que se constitue en grande partie le plexus de la région des bourgeons ou plexus sous-gemmal. Le faisceau central’ divisé partage inégalement ses éléments ramifiés : le plus grand nombre de ceux-ci s'élève jusqu’au sommet de la papille, courant au-dessous de l'épithélium de la surface libre et s’entrecroisant en tous sens ; le reste s’infléchit latéralement en renforçant les faisceaux latéraux et va concourir pour sa part à la constitution du plexus sous-gemmal. A mesure qu’on se rapproche de la surface épithéliale, le nombre des fibres à bords lisses diminue, en même temps qu'augmente celui des fibrilles variqueuses, et, dans le plexus sous-vemmal, on ne retrouve pour ainsi dire plus que de minces filets moniliformes.
Un seul faisceau médian se rencontre habituellement dans les papilles fongiformes et se ramifie richement pour se résoudre, en définitive, en une multitude de fibrilles presque parallèles, dont la plus grande partie s'enfonce dans les papilles secondaires vers les capillaires sanguins les plus superficiels.
La disposition apparaît moins nette sur des coupes d’organe folié perpendiculaires aux crètes. Ici le plexus sous-gemmal semble naître de fibrilles isolées ou réunies en petits groupes : rarement on voit un faisceau distinct concourir seul à sa composition. La constitution réelle paraît être la suivante (pl. I, fig. 1 7) : un faisceau courant au-dessous de chacune des crêtes et parallèlement à sa direction, émet des branches verticales qui, après un court trajet, se bifurquent; chacun des rameaux collatéraux de division va prendre part à la constitution du plexus sous-wemmal du revers correspondant du sillon. Dans l’espace conjonctif intermédiaire aux deux plexus sous-gemmaux on ne rencontre pas de fibrilles ainsi qu’au-dessous du revêtement épi-
thélial de la surface libre ; à peine voit-on quelques filets grêles accompagner les vaisseaux dans les replis dermiques de l’épithélium.
Quoi qu'il en soit de ses origines, le plexus sous-gemmal forme un feutrage extrêmement dense comprenant des fibres flexueuses et variqueuses à direction générale ascendante, entremêlées d’autres faisceaux à direction oblique ou perpendiculaire aux premières. Pour se rendre un compte précis de ses rapports et de sa constitution, il est bon d’en prendre une vue de face en examinant, par leur face profonde, des coupes verticales pratiquées tangentiellement à la surface latérale d’une papille caliciforme ou parallèlement à la direction des crêtes dans l'organe folié. On le voit alors se présenter sous forme d’un très riche lacis doublant la face profonde de l’épithélium dans toute la région des bour-geons, et parfois on y distingue (lapin) des séries de faisceaux verticaux et parallèles correspondant aux rangées verticales des bourgeons. (PI. II, fig. 3 et pdt, fig. 1.)
En raison même du nombre et de l’intrication des fibres qui le constituent, il est bien difficile d’affirmer s’il y a véritablement réseau” ou simple entrelacement des filets. Je n'ai jamais pu pour ma part en acquérir la certitude et, malgré leurs inflexions nombreuses et leurs divisions, les fibrilles m'ont paru posséder le plus souvent une direction générale commune. Aussi préféré-je au terme de plexus celui de couche fibrillaire sous-épithéliale.
* Vu les confusions fréquentes auxquelles, donne lieu l’emploi des termes de plexus et de réseau, je tiens à bien fixer le sens que je leur attache. Avec Waldeyer, Rosenberg et la plupart des anatomistes, je considèrerai le mot réseau comme impliquant une fusion réelle entre les éléments. réservant le mot plexus pour désigner un entrecroisement rétiforme mais dépourvu d'anastomoses, un échange d'éléments sans fusion de substance.