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glionnaires, situé au dessous des bourgeons, partent divers groupes de fibres ; les plus fortes d’entre elles vont se mettre en rapport de continuité avec l’extrémité profonde des cellules gustatives, laquelle présenterait parfois un appendice s'unissant à d’autres filets nerveux. Parmi les fibres restantes, certaines s’insinuent entre les cellules de recouvrement et se résolvent à leur surface en arborisations compliquées ; les dernières formeraient enfin au bulbe entier une enveloppe réticulée à fines mailles.
Relativement aux fibres intermédiaires aux bourgeons qu'ils nomment interépithéliales, Fusari et Panasci combattent les conclusions de Sertoli en démontrant qu’elles n'échangent entre elles que de très rares anastomoses et cheminent parallèlement jusqu’à la surface de l’épithélium.
Admise d'abord par Lovén!!, Schwalbe ®?, Ranvier *, reconnue par Drasch*7 et confirmée par les résultats si précis de ces derniers auteurs, la continuité des fibres nerveuses et des cellules sensorielles semblait pouvoir être désormais considérée comme un fait acquis.
Or tout récemment Retzius*!, von Lenhossék#?, et Arnstein‘* se virent conduits, par de nouvelles recherches exécutées suivant les méthodes d’'Ehrlich (Retzius et Arnstein) et de Golgi (Retzius et von Lenhossék), à des conclusions directement opposées. Opérant principalement sur le lapin et le chat, ces observateurs s'accordent à reconnaître l'existence des deux espèces de cellules antérieurement décrites dans les bourgeons, mais n ont jamais pu constater l'existence de relations de continuité entre celles-ci et les fibrilles terminales du glosso-pharyngien. Retzius et von Lenhossék décrivent aux bourgeons une enveloppe plexiforme en forme de panier, constituée par les fibrilles entrecroi-
sées émanées du plexus sous-épithélial et formant un système qu'ils appellent péribulbaire ou périgemmal.
À ce premier système Retzius en ajoute un autre après Sertoli, Ranvier, Drasch, Fusari et Panasci, celui des fibres intrabulbaires dont von Lenhossék n’a pu dans ses recherches constater l’existence ; ce dernier auteur toutefois, devant l'affirmation catégorique et l'autorité bien connue de l’anatomiste suédois, réserve provisoirement ses conclusions, du moins en ce qui concerne les mammifères. — Dans ses coupes et ses dissociations Arnstein a vu de son côté toutes les cellules du bourgeon, cellules de recouvrement aussi bien que cellules axiales, entourées de fines fibrilles nerveuses, variqueuses, entrecroisées en tous sens, mais non anastomosées entre elles, appliquées à la surface des cellules et ne pénétrant jamais dans leur intérieur. Ce dernier auteur se croit autorisé à penser que, parmi ces fibrilles, les unes, et ce sont sans doute celles qui se montrent en connexion avec les éléments centraux, proviennent du glosso-pharyng'ien ; les autres appartiendraient au trijumeau et se mettraient en relation avec les cellules de recouvrement.
Retzius et von Lenhossék enfin ont rencontré dans le conjonctif sous-épithélial les cellules multipolaires signalées par leurs prédécesseurs ; mais tous deux, sans se prononcer sur leur valeur véritable, leur refusent, à l'inverse de ceux-ci, la nature nerveuse : Retzius, parce qu'il n’a jamais pu constater leur continuation avec
une fibrille nerveuse; von Lenhossék en se basant surtout sur leurs caractères morphologiques”.
* Beaucoup d’auteurs ont décrit des bourgeons gustatifs munis de terminaisons semblables en d’autres régions que la muqueuse linguale chez les mammifères : épiglotte (Retzius), voile du palais, épithélium laryngien. Les « bourgeons nerveux terminaux » des amphibiens et des poissons, étudiés en diverses régions par Retzius et v. Lenhossék, présentent des dispositions tout à fait analogues.
LE 199 es
A l'heure actuelle, les progrès récemment réalisés dans les différentes parties de l’appareil de l’innervation par la théorie de la contiguïté, donnent beaucoup de force aux conclusions de von Lenhossék, de Retzius et d’Arnstein sur la non continuité des cellules sensorielles et des nerfs ; mais la question est trop délicate pour pouvoir être considérée comme définitivement résolue et mérite d’être soumise encore au contrôle de nouveaux travaux.