AVANT-PROPOS III
père et du fils, la future bénédictine s'exprinie ainsi : « 11 y avait entre eux des conversations interminabies où toutes les questions historiques étaient traitées à fond, et, doués tous les deux du talent d'expliquer leurs idées avec une grande lucidité, il y avait un grand profit à les entendre. Tout était passé en revue, et la littérature n'était pas oubliée, car le vieux gentilhomme savait par cœur son xvii® siècle et plus encore peut-être son xviii^; quoique par la fermeté de ses convictions religieuses il se rapprochât davantage des chevaliers du moyen âge. »
Que restait-il pour parachever cette culture? L'atmosphère de Paris, la fréquentation de quelques salons aristocratiques. Caroline raconte qu'en 1835 Arthur partit pour la capitale, son voyage payé et cinquante francs en poche. «Il n'en restait pas beaucoup plus au foyer paternel, ajoute-t-elle, mais c'était un détail qui ne tourmentait personne. »
A Paris le jeune homme visite chaque dimanche le terrible oncle Thibaut-Joseph de Gobineau, dont il parlera plus tard dans Ottar Jarl en termes savoureux, et dont il se souviendra précisément dans Ternove, en le caricaturant sous les traits rébarbatifs du vieux meunier Bahuhot. Ilsuitle cours de M. Quatremène et fréquente le comte de Glarac, MM. de Fortia et.Reynaud de l'Institut, M. Leber président de la Société des antiquaires de France.
Ces relations un peu graves n'empêchent pas le futur orientaliste de se lier avec des compagnons plus gais. Car c'est un des traits les plus marquants