LES VOLSQUES
Les Volsqaes. Ànxnr fait partie de lear empire , sa part dans la lutte contre Rome. Elle est prise par les Romains , 406. Sa population. Prise et reprise, elle reste déûnitivement aox Romains. Le traité de 395 avec Carthage. Importance de la position d*Anxor, le saltus ad Lautulas, Destruction de Tempire volsque, importance du fait pour Tavenir d'Anxur : lesterres Pontines, au temps des Voisques, étaient peuplées, cultivées et riches. Colonie romaine à Anxur, 399. La tribu Oufentina, 318.
Le pays d'origine des Volsques est peut-être la partie de l'Apennin où étaient leurs vieilles cités de Sora, d'Atina, d-Arpinura. Mais dès une époque fort ancienne on trouve leur confédération ou leur empire étendu sur un plus grand espace. Ils dépassent la vallée du Trerus (Sacco), dont ils tiennent le passage par Frégelles et Fabrataria , et occupent le massif des Lepini : c'est là qu'est désormais leur patrie, le centre de leur puissance et de leur territoire, Signia, Cora, Norba, Setia, Privernum. Pendant les premiers siècles de l'histoire romaine, ils s'étendent aussi sur le bassin Pontin et le tiennent jusqu'à ses points extrêmes, Velitrse, Antium, Circeii. Puis, avant d'être conquis eux-mêmes dans les montagnes et les gorges des Lepini , ils voient passer aux mains des Samnites leurs possessions de l'Apennin et à celles des Romains la plaine Poutine. Mais au temps de leur plus grande extension tout leur appartenait, de Velitrse jusqu'à Anxur et de Sora jusqu'à Antium. Qu'elle fût ou non d'origine volsque, Anxur faisait partie de cet ensemble à l'époque de la lutte contre Rome (1).
Tandis que les Volsques s'étendaient dans le bassin Pontin ,
(1) Fest., éd. 0. MûUer, p. 22. Il cite une fin de vers d'Ennius : « Vulseulus perdidit Anaur, » Diod., XIV, 16 : a tt^v O06X(nuov itàlvt 9i wére tiév "AyÇwp Ixa- XetTO, vvv S'ivofidCeTai TappaxCvYi. »
Rome était devenue la maîtresse du Latium. Albe était tombée et le massif du volcan Latial était passé aux mains de la cité nouvelle. Aussi, dès le temps des rois, du haut des montagnes albaines , les Romains jetèrent-ils un œil envieux sur les terres Pontines. Maîtresse d'un territoire dur à cultiver, pauvre parce qu'elle n'avait guère eu pour s'enrichir que le pillage, toujours pressée par la famine , obligée sans cesse de recourir aux autres pour avoir du blé, n'ayant plus rien à prendre dans le Latium déjà épuisé, Rome commença par les terres Pontines la conquête du monde. Ainsi la continua-t-èlle de proche en proche. C'était pour elle, et ce fut toujours, une question de nourriture : seulement, à ces âges primitifs, elle était poussée par la faim; plus tard ce sera par la gloutonnerie.
S'il faut en croire les légendes des rois, elle s'attaqua tout d'abord au principal peuple , à celui qui donna son nom à la région tout entière, aux Pomentini on Pomptini, C'est par le siège de leur ville, la mystérieuse Suessa Pometia, que Tarquin le Superbe commence la guerre contre les Volsques. Elle durera deux siècles et demi. L'enjeu était le bassin Pontin, qui était alors le grenier du Latium et la richesse du peuple volsque : la lutte finit quand celui-ci en disparut ; mais avec lui périt tout ce qui faisait la valeur du territoire si longuement disputé, et bientôt il ne resta plus aux mains de Rome victorieuse que le désert véliterne et les marais Pontins.
Si peu sûres que soient les particularités et la chronologie des légendes romaines , on y démêle cependant les diverses périodes de la lutte. Au sixième siècle, c'est la plaine Pontine qu'on se dispute , et Suessa Pometia tient le premier rang. Dans la première partie du cinquième, l'empire volsque atteint son apogée et conclut avec les Eques une alliance qui durera longtemps : la guerre, du côté des Volsques , se fait sur la frontière latine , des monts Albains à la mer ; ce sont eux qui ont l'offensive ; ils ferment aux Romains les terres Pontines : c'est l'époque de Coriolan, Antium joue le premier rôle. Dans la seconde partie de ce siècle, la confédération volsque a commencé à se disloquer ; il n'y a plus le même ensemble dans la lutte et Rome prend l'avantage dans les terres Pontines : c'est Anxur qui combat et tombe. Rome, d'ailleurs, a opposé à l'alliance des Eques celle des Herniques , et le but et le caractère de la lutte ont changé. On ne se dispute plus la plaine Pontine; Rome veut abattre l'empire volsque, les Herniques veulent n'être pas étouffés entre lui .et les Eques : aussi, jusqu'à l!arrivée des Gaulois, la guerre se fait-elle dans les montagnes et
LES VOLSQUBS. 33
dans la vallée du Trerus; Ecetra y joue le premier rôle. La tourmente de l'invasion gauloise change la face des événements : Rome a la fortune de reconstituer la première son empire , et ses ennemis sont désunis ; le lien de Tempire volsquo est détruit, les cités luttent seules ou groupées par des alliances temporaires; la conquête du pays volsque s'accomplit ; les Samnites en prennent leur part, tandis que les Romains s'emparent du reste. Les dernières cités pontines tombent alors l'une après l'autre : Velitrae, Antium, qui a repris le principal rôle, puis enfin Privernum, qui résiste et succombe la dernière. Ainsi finit, presque à la fin du quatrième siècle, une guerre acharnée et terrible commencée pendant le sixième.
En 406, dit Tite-Live (1), les tribuns militaires, — consulari polestate,^ car c'était l'époque où Rome ne créa pas de consuls, — étaient P. Cornélius Cossus, Cn. Cornélius Cossus, N. Fabius Ambustus et L. Valerius Potitus. On décida de conduire l'armée dans le pays des Volsques. « Cn. Cornélius fut laissé à Rome. Les trois autres , ayant constaté que les Volsques n'avaient formé de camp nulle part et n'engageraient point de bataille, divisèrent leurs forces et partirent, chacun de son côté, pour ravager le territoire. Valerius alla vers Antium et Cornélius vers Ecetra : partout où ils passèrent, ils dévastèrent au loin les habitations et les campagnes pour détourner sur eux l'attention des Volsques. Fabius, chargé de Topération principale, marchait tout droit sur Anxur sans s'arrêter à piller sur la route. » Pour qui connaît le pays, la chronique suivie par Tite-Live est d'une grande précision géographique. C'est sous Lanuvium que les trois détachements se séparent : c'est là qu'est le nœud des routes. L'un prend au sud celle qui sera VAntiatina ; l'autre tourne au nord, passe Velitrae et va prendre une route que j'ai reconnue entre les monts Albains et les Lepini ; le troisième pousse droit dans les terres Pontines, dont les Romains tiennent déjà les entrées. Le but de la campagne est de prendre Anxur. Cornélius et Valerius ne font que deux diversions sérieuses.
L'exactitude topographique dans le récit du siège d'Anxur est parfaite. 11 n'y a qu'à traduire Tite-Live en ajoutant le nom des endroits, pour le voir se faire sur le terrain.
Anxur, dit l'historien, est la ville que nous appelons Terracine. Elle est inclinée vers les marais. En effet, l'éperon du S. Angelo
(1) Liv., IV, 58, 59. Cf. Diod., XIV, 16. Voyez la discussion sur ces légendes à l'Appendice.
34 TBRRAGINE.
qui la porte a son point le plus élevé vers la mer, là où il tient à la montagne ; la ville qui en occupe la crête descend avec lui vers la Valle, et c'est par là qu'arrive la route venue des marais Pontins. C'est aussi par là que Fabius attaqua la ville et donna l'assaut. Par deux autres côtés , vers la plage et vers les Arène , le roc d'Anxur était à pic , et il n'était même pas possible d'arriver jusqu'au pied des murs. Mais du côté de la montagne il n'y a pas de rempart naturel : les murailles étaient la seule défense, et la pente du S. Angelo, sur laquelle sortait la route après avoir traversé toute la ville, s'élève assez rapidement. Dans la Valle, de la route par laquelle était venu Fabius , un chemin partait , comme on le verra plus loin, passait, au nord-est d'Anxur, derrière la colline de S. Domenico, et venait retrouver la route là où est le Casino Mangoni. Ni lui ni son débouché sur la route n'étaient gardés par les Anxurnates. Fabius en profita pour tourner Anxur et la faire attaquer par en haut. Tandis qu'il donne l'assaut à Porta Maggio, quatre cohortes, sous les ordres de C. Servilius Ahala, prennent le diver^ ticulum^ gagnent sans résistance la montagne au-dessus de la ville, et s'élancent sur les murs, du côté de S. Francesco, en poussant de grands cris. « Le bruit, la confusion, troublent ceux qui, faisant face à Fabius, défendaient le bas de la ville. On dresse les échelles, et bientôt elle est pleine d'ennemis. Pendant longtemps on massacra pêle-mêle ce qui fuyait et ce qui résistait, armés et désarmés, tout le monde. Ce que voyant, les vaincus, ne gagnant rien à se soumettre, recommençaient encore la lutte, quand on proclama tout à coup l'ordre de ne plus frapper que les gens en armes. Tout ce qui restait alors se laissa désarmer, et l'on fit de cette manière un butin de deux mille cinq cents hommes. Quant au reste de la proie, Fabius ne permit pas d'y toucher avant l'arrivée de ses collègues, disant que leurs armées aussi avaient eu part à la prise d'Anxur, en détournant les autres cités volsques.de venir défendre celle-ci. Quand ils furent venus, les trois armées mirent au pillage cette ville, qu'une longue prospérité avait enrichie. »
Ainsi Anxur, en l'an 406 , aurait été prise d'assaut , et pendant plusieurs heures la population massacrée ; deux mille cinq cents hommes emmenés captifs ; et trois armées , réunies exprès , auraient pillé ensuite méthodiquement. Après quoi , pour garder la position , on mit une garnison romaine.
Le récit de Tite-Live contient un élément précieux, un chiffre. Il s'agit, sans doute, de traditions bien antiques, antérieures à la destruction des archives de Rome par les Gaulois, et dans lesquelles tout est trompeur. Mais pourquoi le vieil écrivain dont