‹ Terrain asthmatique et tuberculoseChapitre 12 sur 26 · SC A · texte numérisé non relu

SC A

campagne. Ce fut une crise de suffocation nocturne avec gêne surtout expiratoire, faisant suite à un coryza spasmodique déclenché dans l’après-midi précédente. L’évatmine coupa court à la dyspnée. Celle-ci s’accompagna d’une expectoration abondante dès le début de la crise.

Les crises depuis cette date se répétèrent chaque fois qu'il retourna à la campagne, mais uniquement dans son pays natal, en Bourgogne, dans un lieu particulièrement humide. Partout ailleurs son asthme cessait. Les crises étaient violentes, présentaient les mémes caractères que la première. Il avait jusqu’à 4 crises ou plus en 24 heures et devait rentrer à Paris pour les voir cesser.

Toutefois depuis 7 ou 8 mois, il a commencé à ressentir des crises même à Paris. On relève surtout l’influence du froid, de l’humidité, ainsi que les repas trop abondants, les excès alcooliques, l’énervement, sur l’apparition des crises ; elles débutent par une sensation de picotements laryngés et des frissons. L’expectoration est abondante, blanchâtre, mousseuse. L’éphédrine, l’évatmine, l’adrénaline calment instantanément la dyspnée. La fréquence des crises est peu considérable, une par nuit de temps à autre.

Examen oto-rhino-laryngologique :

En 1934 : on l’opère pour déviation de la cloison, polypes nasaux et hypertrophie des cornets. Aucune amélioration.

Une tuberculose pulmonaire est venue se greffer sur cet asthme.

Il y a 3 ans, en 1932, il présente une première fois :

— de la fatigue, — de l’amaigrissement, — des sueurs nocturnes.

Toutefois, il ne crachaït pas dans l'intervalle des cri-

ses d'asthme et conservait bon appétit. Ces symptômes

s’améliorèrent en 2, 3 mois. La preuve de la nature tuberculeuse de cet incident fut faite le 31 octobre 1932 par une homogénéisation positive et constatation de granulations à Ziehl positif dans les crachats. La radiographie montrait, outre une ossification des cartilages costaux, une légère accentuation de la trame.

Les crises ne furent modifiées durant cette période ni dans leur fréquence, ni dans leur aspect. Actuellement le malade présente depuis 1 mois 1/2 une perte de l'appétit, des sueurs nocturnes, une asthénie très marquée. Il est très pâle. Depuis 3 semaines les crises d'asthme ont diminué de fréquence et ont finalement cessé.

A l’examen pulmonaire on trouve des râles de bronchite disséminés, une expiration rude et prolongée.

Sur la radiographie on note une accentuation de la trame et des ombres broncho-vasculaires exagérées.

Signalons une asymétrie faciale marquée.

On note un eczéma de l’aisselle droite.

Des troubles digestifs : vomissements après douleurs épigastriques, 1 heure ou 1 h. 1/2 après manger, de temps à autre. Des renvois fréquents, des alternatives de diarrhée, et de constipation.

Le foie est un peu augmenté de volume.

Il existe enfin un éthylisme indéniable, quoique peu accentué.

Tension artérielle à l’appareil de Vaquez : 12,5.

Equivalents et parentés morbides :

Coryza spasmodique, précédant les crises.

Eczéma du conduit auditif externe en janvier 1935. Actuellement petite poussée d’eczéma de l’aisselle droite.

Antécédents :

Dans son ascendance on ne retrouve ni asthme, ni tuberculose. Il a un frère bien portant. Sa femme est

Ho

morte en 1930 d’une tuberculose pulmonaire; elle avait eu une pleurésie à 14 ans. 2 enfants sont morts de tuberculose méningée à 4 mois.

2 autres filles sont bien portantes, n’ont pas d’asthme, mais la plus jeune a présenté une adénopathie trachéobronchique.

Antécédents personnels : Un ictère en 1929, à la suite duquel ont commencé à s'installer les troubles hépatiques qu'il présente.

Examens de laboratoire :

Le 5 décembre 1935 : Examen des crachats :

Eosinophilie : Quelques éléments et granulations.

Pas de bacilles de Koch.

Le 13 décembre : Urée sanguine : 0 gr. 30.

Cholestérine du sang : 2 gr. 14.

Obs. V. —— Mme E.…., 40 ans, présente des crises d'asthme depuis 3 ans survenant au moment des règles au début, sans rapport avec la menstruation actuellement.

L’expectoration qui suit les crises est peu abondante, presque nulle.

L’auscultation révèle des râles de bronchite généralisée bilatérale, chez une femme obèse (pesant 68 kgs pour 1 m. 54) ayant une tension artérielle de 11,5-7,5 à l'appareil de Vaquez, une vésicule biliaire un peu douloureuse, et traitée pour salpingo-ovarite droite.

Les antécédents révèlent une adénopathie cervicale importante n’ayant pas évolué jusqu’à la suppuration il y à 13 ans, et un séjour prolongé à Arcachon pour phénomènes pulmonaires il y a un an; des troubles ovariens depuis cinq ans (règles espacées et moins longues) ; des troubles hépatiques depuis sept ans (avec vomissements, amaigrissement et crises douloureuses tous les mois; il y a six ans amélioration temporaire

par une cure à Vichy). Les. phénomènes asthmatiques persistent pendant trois mois, puis s’atténuent et disparaissent sous l'influence de l’opothérapie et du traitement hépatique.

Obs. VI. — M. M... 55 ans, est petit-fils d’asthmatique. Il est pléthorique, un peu obèse, a le foie hypertrophié et sensible, une tension artérielle de 13,5-8,5 à l’appareil de Vaquez ; il a fait des crises de coliques néphrétiques ; il présente un terrain névropathique.

En 1919, il a une pleurite du sommet gauche ayant duré un an et nécessité un séjour en sanatorium ; la femme du malade est devenue elle-même iuberculeuse ensuite, et sa fille a succombé depuis à la même maladie.

Il présente des crises d’asthme depuis 1920, qui ont motivé des cures au Mont-Dore, et qui se sont renouvelées tous les ans, alternant avec des crises de coryza spasmodiques ou de trachéite spasmodique et des poussées d’eczéma.

L’expecioration est minime, difficile à expulser, et contient des éosinophiles et pas de bacilles de Koch.

La radiographie montre un thorax d’emphysème aux bases, avec opacité complète du lobe supérieur gauche.

Gbs. VII. —— (Obs. de M. CÉLICE).

Lej.…., âgé de 51 ans, est entré pour tuberculose fibreuse avec dyspnée et hypotonicité générale des tissus.

Lèvres cyanosées, pas de turgescence des vaisseaux ; cou engoncé dans la poitrine.

Doigts cyanosés avec léger hippocratisme.

Percussion thoracique : submatité des sommets aux parties moyennes ; sonorité aux bases.

Auscultation : poumon gauche, en avant : inspiration

0, un

humée, expiration prolongée ; à droite: mêmes signes avec quelques petits râles crépitants à la partie inférieure du poumon. En arrière, murmure vésiculaire diminué, inspiration rude, expiration prolongée avec quelques petits râles sibilants dans l’expiration.

Radiographie : Poumon droit plus gris que le gauche, des deux côtés : clarté exagérée des bases. Espaces intercostaux très resserrés aux sommets et à la partie moyenne dans les parties sombres des champs pulmonaires, très larges et presque horizontaux aux bases. Sommets gris, fenêtres des sommets fermées. Diaphragmes peu festonnés. Hiles très marqués des deux côtés, de grosses travées irrégulières sombres en émanent pour gagner la périphérie obscurcissant le poumon droit presque jusqu’à la base, le poumon gauche jusqu’à la partie moyenne. Cœur un peu dilaté. Pas d’ossification des cartilages costaux.

Toux : presque permanente, plus marquée le matin.

Expectoration : une centaine de centimètres cubes; mousseuse abondante avec sérosité et parcelles mucopurulentes, pas d’albumine; polynucléaires altérés, cellules dégénérées ; pas de bacilles de Koch à l’examen direct ou après homogénéisation, nombreux pneumocoques.

Dyspnée continue actuellement, surtout marquée à la suite des quintes de toux.

Spirométrie : 250 cent. cubes d’air courant ; 1.750 cent. cubes de capacité vitale.

Température : 37°. Urines : 1.500, ni sucre, ni albumine (ammoniaque : 0,69, pH 6,8, coefficient ammoniacal corrigé : 9,4).

Bruits du cœur normaux. Pouls : 80.

Tension artérielle : 12-9 au Vaquez. Tension veineuse : 8 cm. d’eau.

Peau séborrhéique. Laxité ligamentaire très spéciale

permettant l’hyperextension des articulations, en particulier des doigts. Double hernie inguinale.

Réaction de Wassermann : négative.

Urée sanguine : 0,42.

Cholestérine : 1,38.

Glycémie : 0,86.

Acide urique : 0,055. .

Constante d’Ambard : 0,101.

pH veineux : 7,33 ; calcium total : 0,112.

Antécédents : Mère morte d’une congestion pulmonaire à 29 ans, un frère jumeau bacillaire avec crises dyspnéiques antérieures à l’évolution de sa bacillose, datant d’avant-guerre, légère bronchite avant 1914. Depuis 1916 : crises de dyspnée, bronchite et emphysème, depuis 1925 : bacillaire ; était obèse, a beaucoup maigri. Un autre frère bien portant.

Lui-même bien portant dans son enfance, bronchites l'hiver. Réformé en août 1914 pour faiblesse générale et bronchite légère; est repris en juin 1915 dans le service armé, car on ne lui trouve rien. En décembre 1915: bronchite légère comme les hivers précédents. En mars 1917, évacué pour bronchite et emphysème; ce qui le fait réformer le 9 février 1918. Depuis 1919 dyspnée d'effort. Depuis 1923 : crises asthmatiformes assez fréquentes, qui se renouvellent par temps humide, froid, brouillard.

Les crises d’asthme reviennent de plus en plus fréquentes, la dyspnée d’effort fait des progrès, rendant le travail impossible. En 1921, on aurait trouvé des bacilles de Koch dans ses crachats, on n’en a jamais trouvé depuis. Les déformations thoraciques se sont installées depuis 1914. En 1923, il eut comme tous les hivers (et même l’été depuis deux ans) une bronchite généralisée qui s’accompagna alors de défaillance cardiaque.

Page 1