‹ Terrain asthmatique et tuberculoseChapitre 15 sur 26 · PL. | ME · texte numérisé non relu

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est réformé pour infiltration des deux sommets. On retrouve des bacilles de Koch en 1922. On n’en a plus trouvé qu’une fois en 1925. Depuis 1925, les crises asthmatiformes se sont renouvelées et ont été le motif de nombreuses hospitalisations ; entre elles il persiste de la bronchite.

En résumé, sclérose pulmonaire avec crises de dyspnée asthmatiformes chez un tuberculeux fibreux.

Obs. IX. — (Obs. de M. CÉLICE).

Mén..., âgé de 38 ans.

Percussion thoracique: en avant, sonorité bilatérale; en arrière, submatité du poumon droit et du sommet gauche; sonorité de la base gauche.

Côté droit : en avant, inspiration humée rude, expiration prolongée; à la base quelques ronflants. En avant : à gauche, murmure diminué à la base.

En arrière : mêmes signes qu’en avant; à droite, ronchus et sibilances à prédominance expiratoire ; à gauche, sibilances au sommet ; bronchophonie à droite.

Spirométrie : 459 cent. cubes d’air courant, 3.000 cent. cubes de capacité vitale.

Examen radiographique : poumon gauche plus clair que le droit, surtout à la base, sommets clairs. Espaces intercostaux plus larges à gauche qu’à droite, côtes moins inclinées à gauche. Coupoles diaphragmatiques normales. Sinus clairs. Réactions hilaires peu marquées. Trame peu épaisse, à la partie supérieure et moyenne des deux poumons, plus dense à la base droite. Pas d’oscillation cartilagineuse.

Expectoration le matin surtout. Une dizaine de crachats par jour. Mucus, spume, un peu de sérosité. Albumino-réaction négative. Nombreux polynucléaires non altérés, mucus hyalin. Pas de bacilles de Koch à Fexamen direct et après homogénéisation; quelques cocci prenant le Gram.

CE, CV ee

Dyspnée d'effort depuis sa blessure, dyspnée perma-

nente en période de bronchite, plus marquée quand le malade est couché du côté droit, et depuis 1920 dyspnée paroxystique la nuit en dehors et pendant les périodes de bronchite.

Poids : 54 kgr. 100. Pas d’amaigrissement. Bon appétit. | Température : entre 37° et 37°4. Urines : 1.750, ni sucre, ni albumine.

Pouls : 80. Tension artérielle : 7,13 au Vaquez. Bruits du cœur normaux. Tension veineuse : 15 centimètres d’eau.

Le foie ne déborde pas les fausses côtes.

Sang : réaction de Wassermann, négative.

Glycémie : 1,15.

Urée sanguine : 0,34.

Acide urique : 0,068.

Cholestérine : 1,68.

Constante d’Ambard : 0,041.

Antécédents : aucune maladie jusqu’à 18 ans. Août 1909, premier séjour au Tonkin : paludisme et dysenterie (n’ayant pas laissé de traces). En 1918: deuxième séjour, de nouveau paludisme ; depuis, un accès par an. Le 20 août 1914, blessure du poumon, huit mois d’hospitalisation, avec hémoptysie durant cinq mois. Prisonnier en Allemagne pendant deux ans et demi ; on lui trouve alors deux fois des bacilles de Koch. Envoyé en Suisse, il y reste dix-huit mois en 1917. Depuis on ne lui a plus trouvé de bacilles de Koch, même aux Commissions de réforme, malgré des examens répétés. Maïs été comme hiver tousse la nuit comme le jour, surtout par temps de brouillard, et expectore depuis 1919, surtout l’hiver. Séjour à l’hôpital de quinze jours ou trois semaines à chaque poussée de bronchite qui s’accompagne de douleurs au niveau du côté

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droit, de fièvre, d’expectoration. Depuis l’hiver 1919- 1920 : crises dyspnéiques spontanées et paroxystiques d’abord éloignées de deux à trois mois, maintenant tous les huit à quinze jours se produisant la nuit, réveillant le malade, avec sibilances perçues par le malade durant un quart d'heure, se terminant par toux et expectoration. De plus, dyspnée et cyanose à l’occasion des quintes de toux. Ces phénomènes se produisent maintenant en période de bronchite, alors qu’au début ils avaient lieu en dehors d'elle.

En résumé : sclérose pulmonaire chez un ancien blessé du poumon ayant eu de la tuberculose, avec dyspnée asthmatiforme.

Obs. X. — (Obs. de M. CÉLICE).

Guit.…, ancien plombier, âgé de 57 ans, entre à l’hôpital pour dyspnée et crises de palpitations.

Le 27 avril, à l'examen : malade en orthopnée, pâle et dyspnéique. Sa face est pâle avec cyanose des lèvres, œdématiées, ainsi que ses membres inférieurs; à ce niveau, il s’agit d’un œdème blanc et mou, gardant le godet, prédominant aux jambes et infiltrant également la face postérieure des cuisses et l’abdomen.

Thorax rond, dilaté, élargi dans le sens antéro-postérieur. Cou engoncé dans le thorax.

Hippocratisme des doigts.

Sonorité des deux poumons, submatité aux sommets et aux bases.

A l’auscultation: inspiration humée et rude, expiration prolongée avec quelques sibilances à la fin de l’inspiration et de l'expiration, diminution du murmure aux bases.

Toux assez fréquente surtout la nuit, déterminant l’orthopnée et ramenant une expectoration spumeuse muco-purulente surmontant une couche de sérosité.

LEA Lu

Cette expectoration contient un peu d’albumine, de nombreux polynucléaires non altérés, quelques pneumocoques, pas de bacilles de Koch (à l’examen direct et après homogénéisation).

Radiographie : les deux champs pulmonaires sont gris, surtout aux bases. Les espaces intercostaux sont . égaux des deux côtés et plus clairs à la partie moyenne. Le cœur dilaté occupe une grande partie du thorax. Réactions hilaires très marquées, surtout à droite avec vaste réseau de sclérose ayant envahi les deux champs surtout à droite. Diaphragmes festonnés.

Matité cardiaque augmentée transversalement. Bruits assourdis. Pouls : 104. Tension artérielle : 12,5-7 au Vaquez. Tension veineuse : 24,5.

Foie gros débordant de trois travers de doigt les fausses côtes.

Urines un peu albumineuses : 750 cent. cubes par 24 heures.

Réflexes normaux : gerontoxon accusé.

Urée sanguine : 0,38.

Constante d’Ambard : 0,127.

pH sanguin : 7,3); calcium total : 0,108.

Dans ses antécédents, on note des bronchites l’hiver jusqu’à la guerre.

En septembre 1915, le malade est gazé; à ce moment point de côté et toux. Il reste quatre mois et demi alité, depuis dypnée au moindre effort. Réformé en 1916 pour laryngite chronique et bronchite catarrhale diffuse; dyspnée lorsqu'il entre dans une atmosphère enfumée, ou par crise nocturne paroxystique suivie d’expectoration. Les bronchites se renouvellent tous les hivers.

En 1924 et 1925, son état s'aggrave.

En septembre 1925, il est traité ensuite pour tuberculose pulmonaire et insuffisance cardiaque. En janvier 1926, dyspnée continue.

rames

Le malade a exercé le métier de plombier depuis l’âge de 16 ans. Il a eu plusieurs accidents d’intoxication saturnine: une grande crise de colique de plomb, et enfin cinq ou six crises de goutte localisées au gros orteil. Pas de syphilis, la réaction de Wassermann est négative. Il a eu le paludisme et ne nie pas ses excès éthyliques.

L'état général du malade s’altère les mois suivants. Il fit plusieurs crises de goutte alors qu’il était depuis plusieurs semaines au régime lacté. L’asystolie fit des progrès, des épanchements ascitiques et pleuraux apparurent, l’expectoration fut plus abondante, il y eut des hémoptysies. Malgré les tonicardiaques le malade finit par succomber à l’asystolie.

En résumé : sclérose pulmonaire avec asystolie chez un goutteux saturnin ayant eu tardivement de la tuberculose pulmonaire.

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