ETUDE CLINIQUE
Nous étudierons successivement :
— Les caractères cliniques de la crise d’asthme chez les tuberculeux ;
— Le terrain asthmatique chez les tuberculeux ;
— Les caractères de la tuberculose chez ces malades.
À. = Caractères cliniques de la crise d’asthme chez les tuberculeux
La symptomatologie des crises d’asthme ne semble pas, chez nos malades, revêtir un aspect spécial du fait de la tuberculose.
1° L’expectoration qui termine la crise ou laccompagne ne semble pas différente de celle de l'asthme ordinaire, ni dans son abondance, ni dans son aspect qui peut être classique ou banal (mucopurulente) ; on y trouve souvent des éosinophiles, quelquefois des bacilles de Koch.
Tantôt l’expectoration est peu abondante, réalisant un type d'asthme sec, tantôt elle est très abondante, réalisant un asthme humide.
Alduy conclut dans sa thèse, à la particulière fréquence des phénomènes bronchiques. Il nous semble que ce caractère n’est pas constant.
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2° La répétition des crises dans le temps nous a paru variable.
3° L’état général de ces sujets est presque toujours bon et souvent remarquablement conservé. Il y a exception lorsqu'une poussée tuberculeuse survient chez eux (Obs. IV).
4° La thérapeutique classique de la crise (adrénaline, évatmine, éphédrine), semble agir en général, et l’asthme des tuberculeux ne nous a semblé ni plus ni moins influencé par ce traitement classique que l’asthme ordinaire.
5° Parmi les causes déclenchantes qu’on retrouve chez nos malades, il faut insister sur la particulière importance des facteurs climatiques et surtout atmosphériques : le brouillard et le froid humide sont presque toujours retrouvés lors de l’apparition des crises. Parfois l’exposition trop prolongée au soleil intervient. On trouve en outre des facteurs favorisants : endocriniens, hépatiques ou digestifs : nous les verrons à l’étude du terrain.
Les sels d’or, enfin, ont parfois déclenché la crise d'asthme. C’est le cas de notre observation IL. L’observation de Berthier (Soc. Méd. Marseille, 1932) en est un autre exemple. Dans notre observation I, la chrysothérapie n’a pas empêché les crises d’apparaitre ; elle n’a donc pas produit, même à titre préventif, l'amélioration prônée par certains auteurs.
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B. — Le terrain asthmatique chez les tuberculeux
Là encore, il nous a semblé être, en général, le même que celui observé à la base d’un asthme ordinaire non tuberculeux.
1° Les parentés morbides et les équivalents, qui sont en somme l'expression non dyspnéique du terrain. sont retrouvés assez souvent chez nos malades.
Alduy signale le caractère « fixé » (sans parentés morbides ni équivalents) de l’asthme des tuberculeux. Il dit l’avoir rencontré assez fréquemment. Il nous a paru que ce caractère n’est pas constant.
2° Quant aux facteurs qui peuvent être à la base du déséquilibre neuro-végétatif ou qui peuvent modifier celui-ci, on les retrouve comme dans l'asthme banal.
a) De tous, le facteur hépatique, est le plus constant. Il existe peu ou prou chez tous nos malades, mais à titre de troubles digestifs, d'augmentation de volume du foie, parfois de douleur hépatique. On trouve rarement des signes d’insuffisance hépatique. et le laboratoire montre en général un coefficient de Maillard peu modifié. Il semble plutôt s’agir d’hépatite congestive que de véritable déficience hépatique.
Il faut rapprocher de ce facteur l’hypercholestérinémie assez fréquente et parfois l'augmentation de l’uricémie.
b) Le facteur névropathique semble également très fréquent chez nos malades (nervosité, choc émotif, etc., etc.).
c) Les facteurs endocriniens sont parfois à noter.
— Asthme apparaissant avant la période cataméniale (Obs. I, IT) ;
— Troubles des règles (Obs. II, V) ;
— Signes de maladie de Basedow fruste (Obs. II).
d) L’hérédité se retrouve parfois à la base du terrain asthmatique (Obs. I et VI).