‹ Terre et cielChapitre 10 sur 15 · A MM. LES MKMBKES DU CONCILE DE PÉRIGUEUX · texte numérisé non relu

A MM. LES MKMBKES DU CONCILE DE PÉRIGUEUX

^deviendrait infaillible en effet si elle se bornait à déclac: rer, sans l'imposer comme une loi, la foi commune? Ce ne sont pas les morts qui dominent les vivants, oe sont les vivants qui, par ce droit divin de tous les temps dont témoigne l'Évangile lui-même, dominent / les morts. C'est ainsi qu'en ont jugé ces anciens Pères qui vous ont laissé, contre les tendances de l'Église romaine à l'immobilité, tant de lois vraies et utiles; et pour finir par une parole plus propre à exercer de l'influence sur vous que la mienne, permettez^moi de vous remémorer la déclaration suivante de saint Augustin , bien digne, selon moi, d'être tirée de l'oubli dans lequel vos théologiens n'ont que trop de disposition à la laisser, a Les conciles qui se font dans des régions particulières ou des provinces cèdent sans difficulté à l'autorité des conciles généraux qui sont formés par le monde chrétien tout entier; et les conciles généraux eux-mêmes sont souvent corrigés par ceux qui. leur succèdent {sœ^e priera posterioribus etnendari), quand ce qui était clos se découvre par l'expérience et que l'on arrive à connaître ce qui était entièrement caché. » (De bapt,y lib. II, c. 3.) C'est de cette même déclaration, si souvent vérifiée par l'histoire, que j'ose me couvrir, Messieurs, devant vous-mêmes contre les délibérations de votre concile de province.

Jean Reynauo.

Paris, ce 20 octobre 1858.

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