‹ Terre et cielChapitre 13 sur 15 · Hattb.y zxi, ta · texte numérisé non relu

Hattb.y zxi, ta

DU COJNGiLE DE PÉHIGUEUX. 29

gnent •. Par ces paroles, saint Paul, après Isaïe, nous montre clairement que tous les biens que nous pouvons goûter ou concevoir ici-bas sont infiniment au-dessous du bien céleste, qui est le bien souverain et vraiment Dieu lui-même. Et d'ailleurs, où trouver une sainteté plus consommée que dans ces bienheureux qui, pour n'avoir pas transgressé la /o/, quand ils pouvaient la transgresser*, sont parvenus, par la grâce de la persévérance, à cette perfection de liberté qui rend le péché impossible^.,^ et dont la volonté, délivrée de tout mal, est remplie de tout bien 5.

« IV. Quant à la doctrine que l'auteur met principalement en relief dans son livre touchant les peines des méchants après la mort, nous la condamnons pareillement, nous la repoussons, et nous l'avons particulièrement en horreur, parce qu'elle est infiniment pernicieuse. Certes, l'amour divin n'est que trop souvent étouffé dans le cœur de l'homme sous le poids des passions ; qu'arrivera-t-il si une doctrine hypocritement flatteuse vient y détruire même la crainte, et offrir à la génération des pervers un Dieu sous le gouvernement duquel les vices affranchis se mettraient à Vaise * ?

« Ces châtiments des méchants après la mort, que Jésus-Christ, la vérité môme, et avec lui l'Église, son organe, nous présentent conmie éternels, l'auteur les repousse avec indignation, il les déteste, et il déploie pour les combattre toutes les ressources de son esprit et de sa plume. Après avoir tiré de la raison, des sentiments du cœur, de l'état actuel des sociétés humaines, bien plus, de l'Évangile luimême, sinon pris à la lettre, du moins entendu selon l'essence même de son esprit, la matière de nombreux sophismes qu'il expose d'un style ému, il finit par arriver à une conclusion vraiment étonnante. Plein de bons sentiments pour l'Église, il l'engage à effacer de son symbole cette croyance funeste, qui n'est au surplus qu'une pure création de la scolastique, affirmant que, pour quiconque lit la Bible et les conciles, il est évident que ce dogme impie de l'éternité des peines n'a jamais été défini comme de foi.

<( Pour nous, jugeant et condamnant de nouveau toutes ces assertions comme fausses, contraires de tout point à la foi catholique, impies, très-scandaleuses, et depuis longtemps d(3jà jugées et condamnées par l'Église, nous professons avec les Pères : que la doctrine touchant les peines éternelles des réprouvés dans l'enfer, nous ne

Page 1