EN PRÉSENCE DU BUCHER
Et la gloire qui l'environne, Dans un étemel mois de mai.
Que m'importe cette couronne, O Jésus! O mon bieu-ainié!
C'est vers le baiser de tes lèvres Que pantèlc et hurle ma fièvre, En un abandon sans retour.
Indifférente à toute chose,
Géhenne livide ou Ciel rose,
C'est toi seul que je veux, Amour!
Ici, n'est-ce pas? les deux éléments sont confondus. La sensualité brûlante de don Juan s'épure aux mystiques ivresses du platonique Chevalier. L'amour luit et flamboie comme un estoc de Juan delRey. L'âme espagnole a trouvé sa plus haute formule, un délire à satisfaire même sa soif généreuse d'Idéal. Et quand elle descendra, deux fois trempée de larmes et de flammes, jusqu'aux plaisirs de la multitude, elle inventera, cette âme éperdue, le seul jeu digne d'elle, victoire de l'esprit sur la force brute, le geste magnanime qui plonge dans le cœur du taureau une épée sœur de Hauteclaire, de Durandal et de Tizona.
Belluaires et Prudhommes
'ouverture de la chasse, exécutée par un lutrin d'acéphales, peuple de résonances imbéciles les coteaux et les bois. La vénerie au petit pied est à coup sûr un des moyens topiques dont use la classe moyenne pour faire patente son incurable stupidité.
Aucun spectacle n'est plus idoine à réjouir les quadrupèdes de tout pelage que l'aspect d'un huissier en tenue de guerre, que le ventre d'un tabellion bedonnant sous son carnier. J'imagine que les oiseaux de divers ordres, échassiers, conirostres, grimpeurs, fissipèdes, gallinacés, rapaces et totipalmes, garés des canardières maladroites, s'esclaffent aux dépens des boutiquiers cynégétiques. Le hérisson débite au lièvre maintes poin-
tes sur les gabatines qu'il leur donne. Le conil, cette crapule forestière, leur fait la nique au bord des haies. Le geai les siffle et le chat-huant les vitupère. La bécasse prend en pitié la niaiserie de leurs apophtegmes, et, du creux des châtaigniers, la buse en parle à l'émouchet son compère. — Eux vont toujours, sans même soupçonner l'ironie des bêtes et des choses, la grimace cachinnatoire du soleil goguenard, qui leur bleuit la trogne et vermillonne leur sinciput.
Puis le soir tombe, et les bestioles vengées se livrent, sans contrainte, aux passions affectives dont Toussenel les a si libéralement gratifiées.
Celui de tous les écrivains qui s'est le plus attendri sur les déjections naturelles, Michelet, ne manque pas d'attribuer aux moindres volatiles de suprêmes amours et de rares pensers. Volontiers, il s'extasie sur la vaillance des guêpes, le grand cœur des pingouins.
Sans communier aussi largement de l'âme des choses, nous ressentons un fraternel émoi pour tant d'innocentes et gracieuses formes de la vie.
Les oiseaux surtout, amis delà chaumière et du labour, portent une grâce augurale et, pour ainsi dire, sacrée.
La caille, au plumage couleur de terre et de blé; le virevent, qui fuse, le long des saulaies, comme un éclair d'émeraudes et de lapis; la perdrix, si délicatement fourrée d'une peluche bleuâ-
tre où saignent des gouttes de corail, et, par-dessus tous, la vaillante alouette, qui porte au plus haut ciel l'allégresse des laborieux matins, ne sont-ils pas la voix même, le chant humble et doux du terroir natal ?
Je ne pense pas que la douceur du cri ni le charme ingénu dissuadent les braconniers de courir, sans trêve ni merci, au poil comme à la plume. Les maîtres-queux infâmes qui, naguère, aux défilés de Savoie, prirent, en leurs lacs, quatre cent mille hirondelles, expédiées, sur-le-champ, au Royaume-Uni et transformées en mauviettes, ne cesseront d'exécuter, jusqu'au dernier moineau, la gente gent ailée. Cette façon de cruauté stupide ne révolte en aucune manière les belles âmes, s'implante, chaque jour, un peu plus dans nos mœurs.
En revanche, la seconde quinzaine d'août ramène, avec une précision désespérante, les invectives et les sanglots de l'espèce taurophobe.
Depuis que le soleil, dans l'horizon immense, A franchi le Cancer, sur son axe enflammé,
les gazetiers en mal de copie, les vieilles filles
douces aux quadrupèdes, font retentir de myriologues et d'exorcismes les papiers publics.
La taurophobie est une profession comme une autre, profession des mieux appointées et qui n'exige du praticien ni cœur, ni talent, ni esprit, ni linge, ni syntaxe. A part quelques intellects trop généreux fourvoyés en cette galère, la plupart de ceux qui lamentent sur ces pauvres taureaux « méchamment mis à mort » sont de simples fumistes, jocrisses ou charlatans de sensibilité.
L'on ne saurait, en effet, trop souvent redire et paraphraser cette vérité flagrante, à savoir que, de tous les spectacles forains où les animaux jouent un rôle, il n'en est point de plus héroïque ni de plus beau que les toros de muer te. J'ajoute volontiers : de plus moral, si l'exercice de la bravoure et l'entraînement au mépris delà mort peuvent encore, dans notre siècle lâche, passer pour une vertu.
Combats de chiens, combats d'ours, combats de pinsons, et la boxe crapuleuse des Anglais, et la chasse à courre où se plaisent les gens chic dépassent de beaucoup en horreur l'estocade magnifique de la première épée, le coup de ce vara » par quoi les picadors impavides accueillent le taureau. Présentement, la Société protectrice fulmine pour ce que, dans Avignon ou dans Baucaire, les directeurs du spectacle mirent en pré-
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sence un ours des Cévennes et un taureau d'Andalousie. Les mêmes gens trouvent d'ailleurs tout simple de voir, chaque jour, dans les marchés et les fêtes votives, le terrible plantigrade s'acharner sur quelques pauvres mâtins hors d'âge, ou sur tels ânes rogneux. C'est cependant une bien autre fête, pour les yeux, que le spectacle de deux monstres affrontés l'un à l'autre, que ce conflit majestueux de deux forces pareilles défendant, avec des armes suprêmes, leur droit à la lumière du ciel.
Le bon poète Martial complimentait Domitien — l'impérial tueur de mouches au stylet d'or — pour le soin avec lequel ce prince entretenait sa ménagerie de bêtes curieuses ou féroces : lions d'Afrique, ours d'Hyrcanie, panthères, loups, rhinocéros et caméléopards. Entrepreneur de spectacles autant que maître du monde, l'Imperator devait à son peuple lepanem et circences, les vivantes tragédies où condamnés à mort et fauves rugissants disputaient la victoire. Quelque chose de ces goûts d'épopée reste au cœur de la foule espagnole. Aux époques légendaires du Cid et de Bernard, sous Charles- Quint et sous Philippe V, les plus pursgentilshommes s'escrimaient contre les bêtes fieras et ne craignaient pas que ces jeux grandioses déshonorassent leur blason.
La péninsule ibérienne, dont la configuration géographique représente une peau de buffle mé-
gissée, n'a point attendu la fin du dernier siècle pour s'enivrer des belles estafilades portées aux animaux. Mais depuis cette période populaire des Romero, des Cucharès et des Montes, les duels de ce genre ne se comptent plus. Quelques taureaux même ont laissé de fameux souvenirs dans la mémoire des aficionados : Garabata, par exemple, qui, le 2^ mars iSof, lutta, dans les arènes de Madrid, contre un éléphant dont l'ivoire fit assez piètre figure devant la corne aiguë de son antagoniste; Caramelo, qui déchiqueta un lion, à la grande joie de l'assemblée. Les exploits de ces guerriers poilus soulevaient un enthousiasme pareil aux traits les plus hardis de l'audace humaine. Garabata recueillir, pour son compte, au moins autant de bravos à combattre son éléphant que Sévilla tirant un taureau par l'oreille ou Frascuelo, de vertigineuse mémoire, le mordant au nez.
S'il s'agissait de dogmatiser, ici, ce serait chose aisée que de fournir maints exemples de vaillance dont regorgent les annales tauromachiques.
« Qui sait, — dit Edgar Quiner, cité par Armand Dayot en son excellente étude, — qui sait si les plus fortes qualités du peuple espagnol ne
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sont pas entretenues par l'émulation des taureaux, le sang-froid, la ténacité, l'héroïsme, le mépris delà mort? Dans les légendes du Nord, Siegfried, pour être invincible, se baigne dans le sang du monstre. »
Mais j'aime mieux, pour finir, emprunter à M. Jules Apparici (Pero Gil) une divertissante anecdote qui, à défaut d'autre moralité, montrera, puisqu'il faut toujours conclure, la bestialité irréductible du toro de muerre.
Au temps de la plus grande gloire de Caramelo, au temps où l'on promenait cet illustre vainqueur des lions, rencontre ceint de fleurs, à travers hplaia de Madrid; quand il avait l'honneur d'être passé de capa par le seul Cucharès, premier que d'aller mourir sans gloire dans une course à Bilbao, Ton voyait, sur les murs de toutes les fondas madrilènes, à côté de son portrait, ceux de deux autres aumailles non moins estomirants : Tilaios et Tichichi. Ces deux braves, en effet, avaient paru dans une fête de bienfaisance et propugné devant la cour. Telle fut leur bravoure, que le peuple enthousiasmé demanda grâce et que l'estocade mortelle fut épargnée à leur courage. Or Tichichi était un taureau cunero, c'està-dire de race problématique et de performances inconnues. Son type le classait néanmoins parmi les plus beaux mâles de Gijon.
Voici quelle était son histoire. Un tonnelier
du village de Navalcarnero, dans la banlieue de Madrid, l'avait acheté à la mamelle et nourri (si je l'ose dire) au biberon, dans l'espoir fallacieux de l'apprivoiser. Le petit veau, logé dans l'atelier, devint le plus gracieux du monde. Partout il suivait tio (Antonio, — le père Antoine, — son doux maître, qui déjà escomptait la gloriole de promener après soi, more canino, cette bête effroyable... L'illusion fut courte, hélas ! car l'animal comptait à peine deux ans et l'on ne comptait déjà plus les ennuis qu'il avait donnés au père Antoine. Celui-ci, pourtant, s'acharnait à son idée et ne brocanta son élève que le jour où, dangereusement blessé lui-même, il put mesurer le danger que Ton voit à fréquenter privément les bêtes à cornes.
L'indomptable Tichichi, fils de père et mère inconnus, avait senti bouillonner le sang généreux des ancêtres, préférant le combat triomphal de l'arène à la paix grasse de fétable, le trépas du héros aux plaisirs de l'esclave. Il mourut plus tard, féru par Gayetano Sanz.
Saint-Sebastien du Guipu^cca, le 21 août 1S96.
MA
La Fontaine Desca
^- e premier janvier 1 897, la ville deTarbes
%J 'ù:- yy prenait livraison de la fontaine monumentale, édifiée, sur la place du Marcadieu, par le sculpteur Desca. Voilà certes de belles étrennes, ces eaux jaillissant parmi les architectures et les simulacres d'un grand artiste, ce rêve de beauté magnifiant tout à coup la laideur plate d'un marché provincial. Encore que le vouloir de la donatrice, maintenu dans toute sa rigueur par un héritier inepte et mécontent, ait assigné, au don royal de cet ouvrage, le décor le moins propre à le mettre en valeur, la majesté de l'ensemble, l'imprévu grandiose de chaque détail en font une pièce unique dans le pays de Bigorre — assez pauvre en objets d'art.
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Avant même que la draperie symbolique fût tombée pour rendre au frissonnant azur les images glorieuses, pour intégrer aux yeux de tous ornements et statues, la fontaine Desca avait reçu le baptême de la bêtise cléricale et de la calomnie.
Un papier bigot, aniterge de sacristie que la pudeur interdit de nommer, cria au scandale en argot de confessionnal. Les messieurs en jupon noir qui le dirigent éprouvent, à les entendre, un malaise (combien flatteur!) devant ces augustes nudités, proposant de tailler quelques feuilles de vigne au mouchoir de Tartuffe. Abjectes âneries sans autre effet, d'ailleurs, que l'amusement des personnes, tandis que le Maître achevait sa carrière. Sous l'administration de M. Lupau, — un maire à qui la ville de Tarbes devra la plus belle des parures, — Desca, secondé par d'excellents auxiliaires, les sculpteurs Escoula et Mattet, a pu mener à bien une conquête de Beauté, « recréer la Nature » pour le charme de nos intellects.
La fontaine, à présent, érige un bloc harmonieux, granit et bronze, ou tels personnages humains, telles figurations animales incarnent la
Montagne nourricière, avec le charme de son horreur sacrée.
Rude personnifia la Guerre tumultueuse, souffletant d'un vol libérateur les Prêtres et les Rois. Puget, « mélancolique empereur des forçats », surchargea ses Hercules de toute la misère, de toute la dégradation monarchiques. Le bagne de Toulon et les latrines de Versailles, le martyre des prisonniers et la puanteur du Roi-Soleil ont gonflé de dégoût ces narines, convulsé de douleur ces muscles surhumains. Flore, de Carpeaux, rit au milieu des Amours : la Danse mène un chœur de Nymphes et de Satyres ivres de jeune orgueil. Mais la Montagne attendait encore le taumaturge qui, dans une symphonie de pierres, évoquerait ses gloires ou son épouvante, donnerait corps aux mirages flottants, des névés aux sapinières, en une inépuisable magie de ténèbres et de soleil. Désormais, le Rêve s'est fait chair dans l'airain comme dans le granit. Le taumaturge est venu, le maître des pierres vives, le grand statuaire Louis Desca.
Ceci pourrait, à vrai dire, s'appeler la « Fontaine des Hautes-Pyrénées », si le sens large de
LA FONTAINE DESC A Si
l'auteur n'avait mis en son chef-d'œuvre une synthèse représentative de l'alpe universel. Suivons en détail le ce livret » de cette grandiose pastorale.
Au sommet de l'édifice, l'Aurore, vierge et nue comme un matin d'avril, touche les cimes aériennes qu'illustre la blancheur des glaces éternelles, entre les sapins amers et les roux genévriers. Elle avance. Bientôt
Les neiges, sous ses pas, paraissent s'embraser, Les épaules d'argent de Ja Nuit qui frissonne Rougissent de bonheur sous son premier bais
Givres et fleurs décorent son passage. La montagne tout entière flamboie, en sa gloire matinale, comme un bloc de saphir ou d'améthyste, comme le degré géant d'un olympe ou d'un valhalia.
Aux pieds de la Déesse, bondit l'orageux chamois, l'isard qui monte aussi haut que la foudre, insoucieux de l'abîme et de ses épouvantements. Les torrents se déchaînent en cascades furieuses. Ils roulent aux sites de la plaine la débordante fécondité de leurs eaux. A la soif universelle, ils offrent une coupe sacrée de jouvence et d'amour.
Les bêtes nocturnes, les rôdeurs sanguinaires de la caverne et du hallier vont se tapir dans les caves granitiques, sous la chevelure éparse des clématites vénéneuses et des lierres amers. L'ours
pesant, le renard oblique regagnent leur tanière. Seul, étendant ses pennes encore humides, l'aigle fauve plonge à travers l'abîme, d'un coup d'aile impérial.
Au-dessous de l'étage aérien, une frise sculptée en granit de Lorraine figure la débâcle des hautes neiges, sous l'influence de l'Aurore et du Printemps. Toute cette féerie des Eaux,
Cascades ruisselant de glaces entraînées,
Gaves, sources, ruisseaux, torrents des Pyrénées,
toute cette féerie occupe le bloc central, par neuf figures d'une composition surprenante et hardie. Nul poncif ne contamine ces Idoles fluviales : l'Adour, le Gave, le Bastan, la Neste, l'Échez, l'Arros, célébrant, en plein ciel, la fête de leur hyménée. Le beau vieillard Adour soutient d'un bras robuste encore l'Échez défaillante parmi les saules gris de ses berges en fleur. L'ardent montagnard sorti des gouffres de l'Arros poursuit la Neste bondissante, qui court vers la Garonne, plus effarée que Salmacis.
Ne pourrait-on voir dans ces représentations hautaines quelque chose de plus que le conflit
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des énergies cosmiques? Le propre des œuvres fortes est de suggérer maintes rêveries, dans le sens littéral et dans l'anagogique.
Depuis le Ruisseau figuré par l'enfant jusqu'au fleuve Roi, symbolisé par le robuste patriarche qui maintient la faiblesse adolescente et contemple avec orgueil le stade parcouru, chaque groupe illustre, à sa manière, la douleur de vivre, l'impérieuse nécessité de la douleur et de la mort. Avant que de se résorber, comme nos âmes, dans l'impassible Devenir, ces eaux nourricières ont traversé les gorges homicides, la terreur lugubre des hauts lieux. Elles ont dû jaillir, gaves brisés aux pierres déchirantes, sources pareilles à des larmes, que pleure, dans la nuit, la tristesse des choses, jusqu'au temps où, le long des berges pacifiques, elles iront, comme nous, trouver la mer indifférente, le néant réparateur, l'arc-en-ciel du tombeau!
Quatre robustes allégories flanquent les bords de la fontaine dont les trois vasques superposées harmonisent leurs architectures par le jeu imprévu des eaux. La nappe qui tombe des urnes supérieures est d'abord recueillie dans un premier
bassin qui l'épanché ensuite, à flots pressés, dans la cuve de granit sur quoi repose l'édifice.
Aux coins de ce massif central les vallées de Tarbes, d'Argelès, d'Aure et de Bagnères, sous les traits de quatre vigoureuses jeunes femmes, célèbrent la vie heureuse, la douceur de la plaine, à l'ombre des sommets. Tarbes caresse un étalon, Argelès un agneau, tandis que la paysanne d'Aure accole un bouc orgiastique, avec des emportements de Tyade enivrée. Mais, auprès des Nymphes sœurs, le suave Bagnères n'a souci que de la Lyre, pour chanter la paresse des automnes et la délectation des faciles amours :
Comme un cygne qui dort au pied de la montagne, Avec ses Mes mûris, ses prés de velours vert, Et ses blanches maisons dont le seuil entrouvert Laisse passer des chants que VAdour accompagne,
La ville des baisers, Baguer e, aux vents du soir Livre sa nudité charmante de baigneuse.
Les paroles d'amour sur sa lèvre rieuse, Pareilles à de blonds ramiers, viennent s'asseoir.
Tempée et le Lignon n'ont pas d'ombres plus fraîches Que ses tilleuls fleuris d'où pleuvent des parfums : Ah! vos rires perdus, filles aux cheveux bruns, Dont la bouche eut l'odeur enivrante des pêches!
LA FONTAINE DESCA 8f
L'artiste vrai, quel que soit d'ailleurs son moyen d'expression, est, avant tout, le missionnaire de sa race, le porte-parole d'une portion d'humanité. C'est, pour emprunter, une fois de plus, l'énergique formule d'Emerson, « l'homme représentatif», celui dont la volonté résume et concrète les aspirations des velléitaires épars. A ce compte, Desca mérite le nom sacré d'artiste. Pyrénéen, fils de la glèbe, cet honneur lui est échu d'enclore l'âme de son pays en une image suprême, de léguer au Temps son amour pour le sol patrial, à travers un mirage de Force, d'Harmonie et de Beauté.
Tarbes, le jr décembre iSyô.
Paysages
Puck. — And this weak and idle thème No more yelding but a dream, Gentles, do not reprehend...
Mid-summer nigt's dream.