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JOURS DE PLUIE III

Paul Gerardy m'envoie, de Liège, d'excellentes ce notes, à la gloire de Bocklyn ». Enfin, le poète Saint-Georges de Bouhélier, en de lyriques prosopopées, dérouie avec emphase les exploits des aèdes et des aventuriers, magnifie la conquête héroïque de l'amour, en attendant qu'il déroule — 6 combien audacieux! — le martyrologe des révoltés qui donnèrent leur vie à l'idéal d'une société meilleure, à l'espoir d'entonner, au milieu du pignouffisme universel, le psean d'Harmodios :

De ces myrtes m fleurs j'ornerai mon poignard.

Mais l'âtre où larmoient, sans brûler, des rameaux de hêtre encore verdoyants, souffle aux yeux une hostile fumée. Le pétrole de l'hôtel excède en puanteur la martre et le putois. Il faut prendre le chemin du Cercle ou bien s'asseoir, parmi les éclopés, sous la voûte romaine des Thermes, en attendant l'heure de la piscine ou du lit réparateur.

Cependant un peu de gaieté nous vient parfois de la plaine. Le récit de telle muflerie grandiose allume, nonobstant la saison funeste, quelques pétards de belle humeur.

La palme de la cocasserie échoit, cette semaine, au tiers état de Montpellier. Leur pharisaïsme est d'une si pure vilenie qu'il ferait trouver monsieur Lhrich — si je l'ose dire — appétissant.

Oyez un peu la dernière simagrée de ces topinambous. Cette histoire, outre la fantaisie qu'on y voit, peut fournir aux décentralisateurs un utile sujet de méditation. La province y paraît toute entière avec sa bêtise, son hypocrisie et la scélératesse indécrottable de ses mœurs.

Un certain Monsieur Giraud — fort galant homme, semble-t-il, encore que beaucoup trop docile aux injonctions des cafards — chargea, naguère, le sculpteur Injalbert, son compatriote, de décorer une maison qu'il possède à Montpellier, place de la Vieille-Comédie.

L'artiste, dont ses compatriotes auraient le droit de se montrer fiers, exécuta un haut-relief du meilleur style, figurant, comme la plupart des sculptures décoratives, une quelconque mythologie.

Au fronton de la maison Giraud, deux groupes se suspendent, séparés par un masque de proportions insolites, quelque chose comme la tête dePolyphème, entre deux chœurs de bergers,

Un : .:, dans sa grotte sauvage,

pour parler comme Segrais.

A droite, un Satyre et une Nymphe s'apprêtent

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