‹ Terre latineChapitre 26 sur 82 · BARÈGES · texte numérisé non relu

BARÈGES

larme, regarder, par les fenêtres, mourir un glorieux soleil, tandis que leur lèvre fiévreuse

> .... et d'a~ur bleu vorace,

Telle, jeune, elle allait embrasser son trésor,

Une peau virginale et de jadis, encrasse

D'un long baiser amer les tildes carreaux d'or ?

Je ne saurais l'affirmer.

Quant aux Thermes civils, les Thermes où cet excellent Monsieur Prudhomme raffermit son valétudinaire, tout en pérorant, selon sa louable coutume, sur des questions portenteuses, matagrabolifiquement, les Thermes, aérés à plaisir, sont les plus vastes et les mieux aménagés où l'on se puisse ondoyer. On y rencontre force raseurs et pas mal d'idiots : mais ce futile inconvénient leur est commun avec le restant de l'univers. Aussi, quand la bruine tombe sur la montagne et chaperonne les toits d'un insipide brouillard, quand l'averse met en fuite les promeneurs et détrempe leurs ombrages favoris, les gens courent aux Thermes dont la voûte romane sonne comme un vaisseau d'église, — une église où l'encens, le benjoin et la myrrhe seraient (assez honnêtement!) remplacés par un léger parfum d'oeufs durs, où la tiédeur persistante des fontaines tiendrait lieu de calorifères et de choubersky. Bien longtemps, d'ailleurs, avant la diatribe de Taine, Barèges avait connu d'illustres visiteurs et rendu la santé à d'augustes malades. Quand les routes actuelles n'exis-

taient pas, même à l'état de projet, quand il fallait traverser littéralement la montagne, soit en chaise, soit à dos de bourrique, plus d'un intrépide baigneur s'aventura dans les gorges du Tourmalet, pour demander aux Nymphes souterraines, aux Déesses latentes des minéraux et des sources, un regain de jeunesse et de virilité.

Parmi ces magnifiques explorateurs de piscines ignorées, il convient de citer in primis le plus célèbre bâtard de Louis XIV et de la Montespan.

Ce fut dans l'été de 1676 que Madame de Maintenon, accompagnée de Fagon et de Madame de Ventadour, conduisit, pour la première fois, le duc du Maine aux eaux des Pyrénées.

Le sang béarnais d'Henri IV s'était grandement vicié dans sa postérité immédiate. Deux reines, l'Autrichienne après la Florentine, avaient infusé dedans cette bile noire et cette odieuse scrofule que la médecine extravagante d'alors était impuissante à neutraliser.

La pléthore sanguine de Louis XIV ne valait pas mieux que la sèche anémie de Louis XIII. « Il avait — dit M. Paul Lacroix — il avait dans

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