DIVAGATION SUR LA MONTAGNE I2Q
mersion répétée dans toutes sortes de baignoires, et l'ascension des pics les plus hétéroclites, les gens ratiocinent, comme ailleurs, sur les événements de chaque jour. Dans les tables d'hôte, « ces piscines où l'on mange », d'ineffables dialogues s'élèvent à l'heure des épanchements. L'antagonisme entre riz et pruneaux dont s'affligeait, sur les Alpes, ce prodigieux Tartarin, n'existe point ici. Les divers éclopés : bancroches, rhumatisants ou béquillards, sans compter ces infirmes « très précieux » dont Rabelais a spécifié l'infortune, vivent dans une touchante harmonie, nonobstant l'uniformité des jours et l'inclémence du pocker.
Un événement tragi-comique a, plus que tout autre, épanoui les rates et suscité naguère maintes palabres, dans ce public méridional où la taurophobie passe pour une sorte de gâtisme, sinon pour une spéculation à grimaces attendries. Et l'on s'est conjoui franchement delà mésaventure infligée au commissaire de Dax, tandis que ce magistrat verbalisait contre les nobles jeux du îoreo.
Le « beau geste » par lequel un taureau vengeur des Grandes Êpées houspilla le protecteur officiel des haridelles a paru divertissant au possible. Puisque, d'ailleurs, la victime en est quitte avec quelques horions, aucune bienséance ne défend de segaudir à l'imagination de ce spectacle
inattendu. Ce dut être une rencontre gracieuse à voir que celle du policier au harnachement tricolore et de la bestia brava. Malgré l'imposant de sa fonction, malgré l'honneur de représenter la société protectrice, le pauvre argousin n'a pas dû faire beaucoup plus haute contenance que Sancho berné par des muletiers. Encore le ventripotent écuyer avait-il une couverture pour le recevoir à la fin de sa promenade aérienne et ses bourreaux ne portaient-ils des cornes que dans le style figuré.
Aussi, la part faite à la commisération qu'inspire l'état du malencontreux policier, nous sommes-nous galamment esclaffés, entre Latins, sur ce dénouement imprévu. La mauvaise foi des empêcheurs de tauricider qui ne font campagne ni contre les combats des coqs, ni contre la chasse à courre, ni contre leshideuses batailles de chiens, est tout à fait agréable, dans la posture souffletée où l'a mise le taureau de Dax. Puisse le noble animal être cape de la main des plus illustres espaias, sans recevoir jamais l'estocade finale!
Cette grâce, impartie autrefois au célèbre Caramelo, serait un juste prix du ridicule dont il a couvert les hystériques et les hypocrites qui, de l'amour pour les rossinantes, font une enseigne à leur bazar, le bazar de la Pitié.
Au surplus, la semaine est fâcheuse pour nos estimables recors. Voici qu'un exploit (anar-