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RUINES SEIGNEURIALES

par le fait d'Innocent III, duc de Narbonne et comte de Toulouse par l'investiture de Philippe- Auguste/le sinistre vainqueur de Muret, le porteglaive de l'exécrable Dominique, trouva l'expiation devant les murs de sa nouvelle Comté. Une Toulousaine, digne des héroïnes antiques, fit choir d'un mangonneau la pierre qui écrasa Simon. Ainsi tomba l'homme perfide et cruel, bourreau de l'Occitanie. Ses complices, moines et soudards, Dominique et Philippe, conférèrent au bandit le surnom de ce Macchabée », le proclamèrent sauveur de la Foi, lui rendirent, à Carcassonne, d'atroces et superbes honneurs. On inhuma ses chairs dans la Cité albigeoise, tandis que ses ossements, transporté au prieuré de Haute- Bruyère, y furent enterrés devant le maître-autel.

Des seigneurs de Montfort et des ducs bretons qui, au quatorzième siècle, furent substitués à leur hoirie, l'église, reconstruite sous Anne de Bretagne, atteste, seule encore, la défunte splendeur. Aux vestiges romans d'une construction plus ancienne, le gothique flamboyant et le style Renaissance ont ajouté, de siècle en siècle, leurs pinacles fleuris, leurs cintres surbaissés.

IÇO TERRE LATINE

Mais la gloire, l'orgueil et le renom de la vieille basilique, ce sont des vitraux connus du public aussi bien que des antiquaires. Les paléographes avec les cyclistes en route vers Maintenon, s'arrêtent pour admirer leurs magnificences. Les employés de commerce eux-mêmes y viennent, au grand scandale des ecclésiastiques, « rigoler » devant Adam et Eve, en costume de baigneurs.

Si les vitraux de Montfort exécutés seulement au seizième siècle, 011, déjà, Fart du verrier touchait à son déclin (en essayant, mal à propos, de rivaliser avec la peinture) ; si les vitraux de Montfort ne peuvent atteindre la beauté coruscante des verrières de Chartres, colorés dans la masse et cernés de plombs opaques, ils n'en restent pas moins, malgré Didron, un très beau spécimen de la peinture translucide à cette époque. Le deuxième vitrail représente les Litanies de la Vierge, où parmi les saints personnages en robes d'améthyste, de pourpre et de saphir, fleurit le Lys des Vallées et la T{ose mystique, le Cèdre glorieux et la Fleur de Jessé; où la Tour de David garde les Sources d'eaux vives et le Jardin fermé.

Notre-Dame-des- Victoires, dans le royal appareil que lui prêtera Jean de Fiesole, tient, comme un ostensoir, l'Enfant entre ses bras. Le satin blanc de sa robe et l'or de son manteau flamboient dans le soleil levant.

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