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A ces infortunés, d'abord, puis à tous ceux que la maladie surprend dans le grand désert de l'Océan, des hommes de cœur se sont avisés de porter secours. Leur entreprise, que recommandent à la France entière les noms les plus respectés de l'aristocratie maritime, a pour nom: OEuvre des navires-hôpitaux. J'en expliquai naguère le fonctionnement aussi simple qu'ingénieux.
La grâce que m'accorda une trop bienveillante zélatrice en me voulant choisir pour, un des premiers, dénoncer au public cette OEuvre (dont mon confrère Ceorges Docquois et M. Landry, du Figaro, l'avaient entretenu déjà), m'imposait le facile devoir d'en signaler, d'abord, le généreux esprit avant que d'aborder les précisions techniques.
Un premier navire, le Saint-Tlerre, partait, au mois d'avril 1S96, apportant aux pêcheurs d'Islande vivres et médicaments. Ce bateau s'est brisé
sur les côtes de Terre-Neuve, au moment de rejoindre les barques des pêcheurs qu'il avait mission de ravitailler. Mais les hommes bienfaisants qui dirigeaient le comité de l'OEuvre n'ont pas perdu courage, malgré cet accident d'un si fâcheux augure. La Pitié se rit des présages funestes : car elle porte en soi une vigueur assez magnanime pour triompher des êtres aussi bien que des éléments.
Déjàconfiant dans l'humanité publique, ils ont fait mettre sur chantier deux nefs hospitalières. Mais, pour que ces embarcations nouvelles puissent gagner la mer, à la prochaine campagne, il leur faut de l'argent, et beaucoup (chaque navire coûte cent quarante mille francs) ; c'est pourquoi l'œuvre fait appel à toutes les bourses, à tous les cœurs!
Les nobles femmes qui mènent cette croisade pitoyable sollicitent les plus humbles, comme les plus favorisés. Elles tendent l'escarcelle au petit comme au grand, reçoivent d'une gratitude pareille l'obole du pauvre et la pièce d'or du riche. Tandis que toutes les misères sont soulagées, au moins dans une certaine mesure, et que l'universelle commisération s'efforce de lutter, sur terre, contre le paupérisme, aucun secours ne fut jusqu'à présent offert à ces tristes pêcheurs qui comptent, dans leurs équipes, un monde tout en-' lier d'enfants et de vieillards. L'OEuvre des na-
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vires-hôpitaux tente de suppléer à cette lacune envers les pêcheurs islandais.
Puisse. notre appel être entendu! Pour moi, je m'estimerais heureux, si, parmi tant d'inutiles efforts et les déceptions incessantes d'un écrivain épris de Beauté pure, je suscitais dans l'âme de mes lecceurs le désir de prendre part à ce bienfait tant méritoire, à cette noble charité.
Les Romans qu'on ne lit plus
e vent inquiet d'automne, comme un vieillard maussade, rabâche et pleure à travers les portes disjointes et les volets malclos . En tourbillons de pluie et defeuilles livides, l'orage descend à travers les monts, noyant de brume opaque et de hâtive nuit la bourgade mondaine et l'alpe déserté. Ce coin de Paris transporté par quelque négromance au pied de l'Entécade et du « Vénasque chauve », Bagnères-de- Luchon, aux piscines fameuses, est, depuis ce matin, à moitié dans le brouillard. Les petits ânes robustes qui d'ordinaire trottent si galamment par les sentes pierreuses, avec leurs conducteurs : éphèbes en béret bleu, toyes aux écharpes voyantes, supportent nonchalamment l'ondée sans autre