‹ Terre-Neuve [microforme]Chapitre 3 sur 4 · RE REZ · texte numérisé non relu

RE REZ

FR S s nr 27

reconnaît lui-même qu'il y avait d'autres études à faire pour être assuré d’une exploitation fructueuse.

On a trouvé du minerai de plomb à la Marche, à la baie de Plaisance, dans la péninsule de Port-à-Port ; mais on n’en a pas encore tenté l'exploitation.

La houille existe dans le bassin de la Humber et entre Main-Brook et Sandy-Lake.

Le fer se rencontre dans toutes les baies ; on trouve le fer magnétique dans la baie de Saint Georges. :

La contrée offre abondamment aussi, dans plusieurs localités, du gypse, du marbre et des pierres de construction.

Végétauxæ.— Partout où il y a assez deterre végétale, ontrouvo des forêts plus ou moins fourrées ; c'est ainsi que les vallées de la Gander et de l’'Humber, le littoral de la baie de Saint-Georges, sont bien boisés; l'essence la plus estimée est le pin blanc, Pinus strobus, puis le pin jaune ou rouge, Pinus resinosa. On n'y trouve ni cèdre, ni hêtre, ni orme, ni chêne. La colonie ne retire aucun revenu de ses forêts, où chacun coupe les arbres à son bon plaisir.

Le genévrier, Juniperus communis, sert à la fabrication du gin, tandis que le Spruce, Abies canadensis, est employé pour faire une bière très usitée dans le pays, malgré sa saveur spéciale.

Un certain nombre d’Éricacées sont désignées sous le nom général de Tea et servent à faire des infusione ; telles sont les Vaccinium myrtillus, Vitis idæa et Oxycoccos, l’Arctostaphilos uva-ursi, le Gaultheria procumbens et le Ledum latifolium.

Citons encore le Sarracenia purpurea, préconisé contre la variole, le Coptis trifolia, Gold thread, qui passe pour une panacée à Saint-Pierre et l’£Eriocaulon septangulare.

A Terre-Neuve, la terre est déserte relativement à la mer ; il semble que la vie sa soit réfugiée sous les eaux (A. Gauthier).

Pêche: ies,— Terre-Neuve est vraiment Respublica super pisces condita ; elle doit en effet à la pêche son existence et sa pro- ?

18 J.-L. SOUBEIRAN.

spérité etsa suprématie sur toutes les contrées de pêche du monde entier. 11 suffit de jeter un coup d'œil sur la valeur des produits de ses pêcheries, pendant plusieurs années, pour se rendre compte de l'accroissement continu de sa fortune :

De 1852 à 1856 5.166.129 dollars, soit 25.830.645 francs.

La morue, dont on distingue plusieurs espèces, Gadus morrhua, Gadus æglefinus, Gadus carbonarius, forme la base principale ‘de la pèche de Terre-Neuve. Onse livre à la poursuite des gades, non-seulement sur les côtes de l’île, maïs aussi sur les bancs du voisinage et le long du littoral du Labrador. Depuis plus de quatre siècles, la pêche s’est continuée sans relâche, et cependant rien n'indique que le champ soit moins fertile : la quantité de poisson prélevée chaque année peut être évaluée à au moins 2,750,000 quintaux de 250 livres chacun, ce qui représente une valeur de 29,507,550 fr.

La saison commence à Saint-Pierre et à Miquelon le 1° avril, sur la côte de Terre-Neuve en mai et en juin. La pêche par les navires étrangers, pêche d'été, se termine à la fin de septembre, souvent même en août. Les pêcheurs sédentaires se livrent à la pêche d'automne, qui n’est pas moins fructueuse. Ce n’est qu’exceptionnellement que les Terre-Neuviens se livrent à la péche d'hiver, en reison des rigueurs de la saison ; quelques-uns cependant tendent leurs engins à travers des trous qu’ils percent dans la glace.

Généralement la pêche de la morue fait suite à 1? chasse des morses, qui finit avec le mois de mai.

Les procédés de pêche n’ont pas toujours été les mêmes, mais

ont été modifiés et améliorés successivement. Longtemps la pêche s’est faite à la dérive, chaque homme étant armé d’une ligne, ce qui exigeait une campagne prolongée

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