PREFACE
maniéré. Jl n'en était pas autrement de la littérature asiatique , de l'éloquence, qui n'aimait pas davantage le vrai et le simple , qui se plaisait dans le genre orné et dans le précieux (oxrjua'Aaiavôv). X 'art et les lettres suivent ainsi la même rente, parce que c'est celle que le génie national leur a tracée.
Je ne veux pas énumérer d'avance tes sujets qui seront reproduits dans cet ouvrage. Jl faudra les expliquer un à un , les comparer entre eux et avec d'autres qui sont déjà connus. Jl faudra établir une distinction entre les figurines moulées et celles qui, modelées a la main, sont la pensée première du sculpteur. De telles études ne resteront pas sans fruit. Certes , pour apprécier le mérite et le charme des terres cuites d'^y£sie, il n'est pas indispensable d'aborder les questions qui s'y rattachent: origine et évolution des types, époque du sculpteur , explication du sujet, technique. Œl y a d'ailleurs bien des points sur lesquels nous ne sommes pas instruits avec précision, où il est permis tout au plus de donner un coup de sonde; d'autres, où nous serons forcés de nous en tenir au rôle d'un simple démonstrateur. Séparés par quinze siècles à peine de l'antiquité classique, que nous cherchons à renouveler et à comprendre, nous en sommes déjà si prodigieusement loin, qu'on ne doit pas s'étonner de ces ignorances partielles. Dans la pratique de tous les jours, elles ne nous arrêtent que trop. Je m'y résigne. Ce qui importe pour le moment, c'est de faire connaître une admirable série de monuments nouveaux, de les interpréter dans la mesure de nos forces et d'en donner une juste et pleine idée.
Taris, 16 mai 1879.