Psaume
iC6 TERRES MORTES.
lions simples comme elle, de vouloir, de courage, de haine, de désir, de toutes les plus familières aux poètes bibliques, senties par eux, avec une intensité, exprimées avec une ardeur extraordinaires. Ce sont des frissons qui les traversent, des secousses nerveuses qui leur arrachent des cris lyriques : « Mon âme! pourquoi fréniis-tu au dedans de moi? » Leurs exclamations d'impatience trahissent une surcharge d'énergie qui s'est accumulée, qui couve, qui jette déjà des étincelles irritées, qui, au moindre contact, éclatera comme la foudre : c Mon âme a soif de Dieu, du Dieu fjrt: ma chair le souhaite en cette terre déserte, altérée et sans eau.» » Ces. émotions remuent en rhomme jusqu'à l'arrièi^c-fond animal. Pour comprendre un mot comme celui-ci : « Mes reins, se sont fondus d'attente au dedans de moi, ». il faut songer à la panthère tombant en arrêt devant sa proie, immobilisée soudain dans sa marche, coulée dans les herbes, ses yeux dilatés comme deux flammes fixes, rien.au dehors ne révélant son attente et le bond qu'elle va faire, que le tremblement imperceptible de son échine. Mûmes cris de fauves, même passion frénétique et profonde quand ils haïssent : ils se vengent avec délectation. « Le juste se réjouira quand il aura la vengeance : il lavera ses pieds au sang du méchant. » — « Dieu !
brise leurs dents de leur bouche! Brise les dents
mâchclièrcs des lionceaux. Qu'ils s'écoulent comme de l'eau! Qu'ils se fondent! Qu'ils s'en aillent comme un limaçonM Brise-les menu comme la poussière que le vent dispersé, foule-les dans la boue des rues ! »
Ainsi, couvrant, embrassant tout l'êlre do riiomme, surgit impérieusement la flamme nue et blanche de la volonté. Des attentes et des détentes de la volonté, voilà ce que l'on sent au fond de cette âme brûlanto et sèche qui souffle à travers la Bible. Rien d'étonnant que ce tressaillement du vouloir tende ou fasse frémir la voix, tour à tour l'exalte et la fléchisse, produise le rythme héroïque et bref dont vibrent les chants de victoire et de malédiction et qu'à travers la traduction nous entendons encore dans ce cantique de Déborah, dont la passion, lancée tout droit comme qne flèche, ne tremble que par son excès de force et de vitesse :-« Alors a été rompue la corne des pieds des chevaux par le battement des pieJs, par le battement, dis-je, des pieds de ses puissants cheyaux. Maudissez Mérog, a dit l'ange de l'Éternel, maudissez, maudissez ses habitants, car ils ne sont point venus au secours de TLlerncl, au secours de TEternel avec les forts. Bénie soit, par-dessus toutes les femmes, Jahel, femme de Iléber, Kénien; qu'elle soit. bénie par-dessus toutes les femmes