‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 131 sur 234 · Ji LA COURONNE DU SOLDAT · texte numérisé non relu

Ji LA COURONNE DU SOLDAT

sur lo point de recevoir la blaiiehe coiiroiine du martyre, jVlus glorieuse que l'autre, il attend au tond d'un eaeliot les largesses du Christ *, »

Tel est le fait (|ui avait mis en émoi 1" Église de Cartilage. Ou blâmait généralement Facto de ce soldat comme inspiré par un zèle intempestif et outré. A quoi bon cette protestation isolée, qui avait Tair d'un Idàme jeté sur la conduite du reste des soldats chrétiens ? P()ur(|iioi braver ainsi la colère pul)liqur et rallumer les persécutions à propos d'une chose indiU'ércntc, d'un usage militaire qui n'avait rien de répréliensil)le ? N'était-ce pas se jeter en désespéré au devant de la mort, et s'exposer aux supplices de gaieté de cœur sans motif sulîîsant ? Tertullien ne fut pas de cet avis : il trouva la conduite du soldat héroïque, et celle de ses compagnons souverainement blâmable. Il développa ses preuves dans un écrit spécial, plein de verve et d'originalité, mais où la force (lu raisonnement n'égale pas la hardiesse et la véhémence du langage. On voit dès le début que la colère lui a fait prendre la plume et qu'elle va le pousser à des extrémités oîi la passion étouffe la logique. Ses adversaires lui disaient : Où est-il écrit qu'on ne doive. pas porter de couronne ? Ce qui n'est pas prohibé est permis par le fait même. La réponse de Tertullien est curieuse. — Vous me demandez, leur dit-il, où il est écrit qu'on ne doive pas porter de couronne : eh bien, je vous demanderai à mon tour où il est écrit qu'on doit en porter. Si vous arguez du silence de l'Écriture pour soutenir votre opinion, je retournerai l'argument contre vous et je dirai qu'il est défendu de porter une couronne par

Page 1