De Coronamil., i
UN CAS DE CONSCIE >"CE AU III* SIÈCLE. 2oo
cela seul que TÉcriture ne Fordoiiiie pas. Ce qui n'est pas expressément permis est prohibé \ -~ Si la mauvaise humeur ne servait pas d'excuse à cette boutade, on ne saurait la qualifier trop sévèrement. C'est chose triste de voir comment un grand esprit arrive à déraisonner, quand il est dominé par la haine ou le ressentiment. Cet argument est à peu près dans le genre de ceux que taisait Luther, lorsqu'il s'irritait d'une objection à laquelle il ne trouvait pas de répense satisfaisante. De ce qu'une chose n'est pas ordonnée par l'Écriture sainte, il ne s'ensuit nullement qu'elle soit défendue. Que dirait-on d'un homme qui se mettrait en tête de proscrire l'usage d'un vêtement, par la raison que l'Écriture ne commande pas de s'en servir ? De pareils raisonnenients ne soutiennent pas l'examen, et ne servent qu'à montrer à quel point les préoccupations d'une lutte ardente peuvent faire oublier à un homme de génie les règles les plus élémentaires du bon sens et de la logique.
Tertullien est plus heureux sur le terrain de la tradition. Il pose à cet égard d'excellents principes, mais il en fait une fausse application au cas particulier qu'il discute. Pour prouver à ses adversaires que l'usage des couronnes est illicite, le prêtre de Carthage leur rappelle qu'il est des lois non écrites auxquelles un chrétien doit se soumettre aussi bien qu'aux prescriptions de l'Écriture. Ce passage est l'un des plus remarquables qu'on puisse trouver dans la littérature des premiers siècles de l'Église.
« Il y a hien des institutions, dit-il, que nous maintenons sans pouvoir alléguer en leur laveur aucun texte de l'Écri-