‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 164 sur 234 · SEIZIEME LEÇON · texte numérisé non relu

SEIZIEME LEÇON

L'éloquence chrétienne confirmée par le? faits. — Les Actes du martyre (le sainte Perpétue et de s.iinte Kélicilé. — Éléments divers qui entrent dans la composition de cette pièce. — Le rédacteur des Actes appartenait à l'école de TertuUien. — Les sentiments de la nature en présence du sacrifice que demande la foi. — La piété filiale et l'amour maternel.

— Lutte du sentiment avec le devoir. — Les affections humaines ennoblies et transfigurées par le christianisme. — Comparaison avec des scènes analogues de la littératm-e profane. — Caraclère surnaturel de la résignation chrétienne. — Les visions de sainte Perpétue. — flalme et intrépidité des martyrs en face de la mort. — La dernière agape des confesseurs de la foi. — Mérite littéraire des Actes de sainte Perpétue.

— Un panégyrique de saint Augustin.

Messieurs,

Pendant que les apologistes (Vrivaient, les martyrs souffraient. Les uns et les autres eontribuaient éjjalement au triomphe de la foi, ceux-ci, en mourant pour elle, ceux-là, par l'ardeur (|u'ils incttaient à la défendre. 11 en résulte (|U(\ si Ton veut étudier la lutte du christianisme avec le pajianisme, deux jrenres d'écrits méritent une même attention, les ou\Tages des Pères de l'Église et les Actes des martyrs. Ici, c'est l'Évangile en action et pris sur le fait; là, c'est la religion chrétienne justifiant ses doctrines en attafjuant les erreurs du vieux monde. Voilà pourquoi nous n'avons négligé jusqu'à présent aucune de ces deux branches de la littérature ecclésiasLi(|ui'. doiii l'une est à l'autre ce que la théorie

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est à la prahVfiio et l'idée an fait. C'est dans le mAme hn( qne je me propose de pareonrir avec vons lefi Actes de sainte Perpétue et de sainte Félieité, afin de saisir dans leur applieation A'ivantelesenseiprnementsdelafoi qneTertuHien développait avec tant d'éloqnenee an sein de rÉiïlise d'Afriqne. Avant de A'ons introdnire an rnenr de ce drame si plein de vie et d'intérêt, je vons dois, Messienrs, qnelqnes détails historiqnes qni serviront à en faciliter l'intellicfence. Tnburbinm était une ville de l'Afrique proconsnlaire, peu éloicrnée de Carthaîïe. C'est là qne l'élit de persécution de Septime- Sév^re vint atteindre les martyrs dont nous parlons. Pour se conformer au décret impérial, le proconsul Minntius Timinianus les avait transférés h Cartha?e. dans l'intention de les livrer au supplice: mais la mort le frappa sans qu'il eût pn rendre la senten^'e. Hilarianus, qui lui succéda dans le nonvernement de la provin^^e. renrit le projet de son prédécesseur. L'empereur venait d'élever son fils Géta à la dipmité de César. Voulant rehausser l'éclat des fêtes célébrées à cette occasion. Hilarianus résolut de donner en snectacle Ips prisonniers de Tnburbium. C'étaient de jeunes catéchumènes. Révocat et Félicité, tous deux esclaves: Saturnin et Secundule, auxquels vint se joindre plus tard Sature, et enfin une femme âcrée de vinî^t-denx ans, Yivia Perpétue, aussi distinfiîuée nar sa naissance que par son éducation. Celle-ci, mariée h un homme de condition, avait conservé son père et sa mère: l'un de ses deux frères était catéchumène, et de plus elle avait un enfant (fu'elle nourrissait encore de son lait. On s'attaquait de préférence aux néophytes, parce que l'édit de proscription rendu par Septime-Sévère ne s'appliquait dans sa teneur stricte et littérale qu'à ceux qui embrasseraient le.

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