Sermo cclxxxi, in Perpcluam
324 LKS ACTKS DE SAINTK PKRI'ÉTUK.
ce (|ue je suis, c'est-à-diro chrétienne. A ce mot, mon père irrité se jeta sur moi, pour m'arracher les yeux; mais il ne fil que me maltraiter et s'en alla vaincu avec les inventions du démon. Ayant été quelques jours sans revoir mon père j'en rendis grâce au Seigneur, et son absence me laissa goûter un peu de repos. Ce lut dans ce court intervalle que nous fûmes baptisés ; or l'Esprit m'inspira de ne demander au sortir de l'eau que la patience dans les peines corporelles.
« Peu de temps après, on nous conduisit en prison : j'en fus effrayée, car je n'avais jamais vu de pareilles ténèbres. 0 la rude journée! la chaleur était étouffante à cause de la foule; puis les soldats nous poussaient; enfin, je séchais d'inquiétude pour mon enfant. Alors les pieux diacres, Tertius et Pomponius, qui nous assistaient, obtinrent pour de l'argent que nous puissions sortir et passer quelques heures dans un endroit plus commode de la prison, afin d'y respirer à l'aise. Nous sortîmes : chacun pensait à soi ; j'allaitai mon enfant qui se mourait de langueur. Inquiète pour lui, j'en parlai à ma mère ; je fortifiai mon frère et lui recommandai mon fils. J'étais accablée de douleur, parce que je les voyais eux-mêmes réduits à cet état par amour pour moi. Je passai plusieurs jours dans ces anxiétés; mais ayant obtenu qu'on me laisserait mon enfant, je commençai bientôt à ne plus les ressentir : je me trouvais toute consolée, et la prison me devint un palais, en sorte que j'aimais mieux y être qu'ailleurs'. »
On a dit de certaines pa^es qu'elles paraissent écrites avec une plume tirée de l'aile d'uji ange. Celle que je viens de