DIX-SEPTIEME LEÇON
La vie et la société chrétiennes envisagées, non plus dans leur opposition au paganisme, mais eu elles-mêmes, dans les lois morales et disciplinaires qui les régissent. — OBuvres de Tertnllien qui se rapportent à ce sujet. — Le traité de la Patience.— DiSèrence entre les vertus naturelles, telles que les concevait la philosophie païenne, et les vertus surnaturelles que prêche TÉvangile. — Le traité de Sénôque sur la Colère. — Absence de tout motif religieux dans la dissertation du rhéteur stoïcien. — La grâce divine, principe de la vertu chrétienne.
L'Homme-Dieu, idéal vivant de la sainteté. — La béatitude céleste,
fin de l'activité morale. — Souplesse et flexibilité du talent de Tertnllien.
Messieurs,
En mettant le pied sur la terre d'Afrique, pour y étudier les premiers monuments de l'éloquence chrétienne, nous nous sommes trouvé en face de l'homme qui marche à la tête des écrivains de l'Église latine. La prodigieuse fécondité de cet esprit créateur, l'éclat des luttes auxquelles il a été mêlé, l'influence qu'il a exercée sur saint Gyprien et sur saint Augustin, la part qu'il a eue dans le développement de la théologie catholique en Occident, les modèles qu'il a fournis aux orateurs chrétiens dans la suite des siècles, tout, jusqu^à ses fautes mêmes et h ses erreurs, nous oblige de consacrer à celte grande figure une attention oute particulière. Soit qu'on envisage Tertullien comme apologiste, comme moraliste ou comme controversiste, on reste égale-