LA VERTU CHRÉTIENNE
ment frappé des ressources de ce génie vaste et pénétrant. Ses œuvres iorment une véritable somme théologique qui embrasse toutes les questions agitées de son temps. Voilà pourquoi nous nous sommes étendu avec une sorte de complaisance sur les productions de cet homme célèbre, que je ne crains pas d'appeler l'écrivain le plus éloquent qui ait surgi dans l'Église pendant les trois premiers siècles.
Gomme nous l'avons dit en décrivant la carrière littéraire de ïertullien, ses ouvrages peuveni se ranger sous trois classes différentes, suivant qu'il traite de la doctrine et de la vie chrétiennes dans leurs rapports avec le paganisme, ou considérées en elles-mêmes, ou bien dans leur opposition avec les hérésies. Cette division répond à la situation générale de l'Église occupée, d'une part, à se constituer fortement sur ses propres bases, de l'autre, à se défendre contre les ennemis du dedans et du dehors. Jusqu'ici nous avons épuisé la première série des œuvres de TertuUien, celle qui se rattache de près ou de loin à la lutte du christianisme avec les cultes polythéistes. Exhorter les mart\TS à supporter vaillamment les épreuves de la foi , combattre les résistances qu'opposaient à l'accomplissement de ce grand devoir les sophismes des uns et la lâcheté des autres, justifier auprès des magistrats de l'empire les croyances et la conduite des chrétiens persécutés, prémunir les fidèles contre les dangers qui naissaient pour et x. de leur contact avec l'idolâtrie , réprouver hautement, comme incompatibles avec la profession de l'Évangile, les réjouissances et les coutumes empruntées au paganisme, tel est l'objet de cet ensemble de traités qui s'échelonnent sur un espace de vingt ans, depuis les Discours aux nations jusqu'à la Lettre à Scapula, et au milieu