‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 176 sur 234 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

342 TRAITÉ I»K LA PATlLNCi:.

desquels s'élève l'Apologétique comma l'un des plus beaux monuments de l'éloquence au service du droit et de la vérité. Malheureusement le prêtre de Carthage trahit déjà dans cette première partie de ses travaux les défauts qui obscurcissent ses brillantes qualités. Emporté par la fougue de son esprit, plus vigoureux que mesuré, il exagère la règle des mœurs, proscrit comme mauvaises en soi des choses indifférentes par elles-mêmes, confond le précepte avec le conseil évangélique, absorbe la vie civile dafis la vie religieuse, traite la prudence chrétienne de lâcheté et s'efforce de faire prévaloir dans l'Église les maximes d'un rigorisme outré. C'est sous cet aspect qu'il s'est montré à nous dans ses li%Tes sur Vldolâtrie, sur la Fuite pendant la persécution et sur la Couronne du soldat. Sans doute, ces diverses productions étincellent de beautés, et l'on ne peut qu'admirer, avec le sens chrétien ({u'elles manifestent à un haut degré, cette verve audacieuse <|ui leur prête tant de vie et d'originalité; mais, pour être soutenu par la force de l'éloquence ou paré des couleurs de la poésie, le sophisme ne cesse pas d'être faux et n'en devient que plus dangereux. . En remontant à l'origine des erreurs de Tertullien, nous avons trouvé dans le montanisnie l'explication du changement qui s'était opéré chez lui vers le milieu de sa carrière théologique et littéraire.

Ce n'est là, toutefois, qu'une première face sous laquelle se présente à nous cette vaste intelligence. La suite des écrits de Tertullien nous ramène à l'intérieur de la société chrétienne, qu'ils n'envisagent plus dans ses rapports avec le paganisme, mais en elle-même, dans les lois morales et disciplinaires qui la régissent. Ici vient se placer toute une série de traités parénétiques ou ascétiques, qui rentrent plus

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