‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 182 sur 234 · De Patientia, m · texte numérisé non relu

De Patientia, m

LA VKllTlJ CHréTIKNINE. 353

blessent en nous souvenant de nos propres torts, et demander au temps le meilleur remède pour calmer notre esprit \ Toute cette hygiène morale, que Sénèque développe au long, suppose une grande connaissance du cœur humain. Il y a même un souffle chrétien qui circule à travers les pages où le contemporain de saint Paul enseigne, contrairement aux maximes de l'antiquité païenne, que la vengeance est un mot inhumain^. Mais, quelle que soit la sagesse de ces prescriptions, rien ne les élève à la hauteur d'un précepte divin. C'est le terre à terre d'un enseignement honnête qui ne cherche en Dieu ni une autorité ni un modèle, et qui par conséquent s'applique moins à former des vertus réelles que des qualités recommandables aux yeux des hommes. Chez TertuUien, au contraire, la grande tîgure de THomme-Dieu, modèle de la patience pour le genre humain, domine l'exhortation morale, qu'elle fortifie par l'autorité du précepte et de l'exemple. C'est l'ordre surnaturel qui vient transformer la moralité humaine, en ajoutant aux raisons que le devoir emprunte à la conscience les motifs supérieurs qu'il puise dans la foi.

J'ai dit. Messieurs, que le moraliste africain dépasse quelquefois l'idée de la vertu qu'il s'efforce d'inculquer à ses lecteurs et celle du vice qu'il veut combattre. Il prend la patience pour synonyme de soumission à la volonté divine, et l'impatience comme équivalente à la révolte contre les prescriptions de la loi. En partant de cette définition, il a raison de dire que tout péché a sa source dans T impatience.

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