Sénèque. df Ira, vii-xiv
LA VEUTl CHRÉTIENNE. 353
est la lin de toutes les vertus surnaturelles ^ , Tertullien ramasse tout son traité dans une page où éclate le talent de ce grand peintre :
« Il est donc bien vrai que la patience est un dépôt assuré dans les mains de Dieu. Es-tu offensé? confie-lui ton outrage, il te vengera; dépouillé? il se chargera de la restitution; dans la douleur? il sera ton médecin ; menacé de la mort ? il te ressuscitera. Admirable privilège de la patience, que d'avoir Dieu pour débiteur. Et certes avec raison ! Car c'est elle qui protège tous ses décrets, elle qui intervient dans tous ses com* mandements. La patience fortifie la foi, règle la paix, soutient la charité, forme l'humilité, dispose à la pénitence^ met le sceau à la confession, gouverne la chair, maintient Tesprit, refrène la langue, arrête la main, foule aux pieds les tentations, repousse les scandales, consomme le martyre. La patience console le pauvre et inspire la modération au riche; elle n'ac* cable pas celui qui est fail)le et n'épuise point celui qui est fort; elle réjouit le fidèle, attire le gentil, concilie au serviteur la bienveillance du maître, et au maitre celle de Dieu. La patience est l'ornement de la femme comme elle Sert d'épreuve à riionnne; on l'aime dans l'enfant, on l'estime dans le jeune homme, on l'honore dans le vieillard : elle est belle dans chaque sexe et à tout âge ". »
Il y a bien dans ce brillant tableau des ettéts de la patience quelque profusion de traits. Tertullien se plait à ces accunuilationsde mots qui épuisent toutes les nuances de l'idée qu'il veut rendre; mais, s'il est facile d'v reconnaître le L^oùt et la