‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 186 sur 234 · Séuèque, de Ira, lib. 1, cap. i · texte numérisé non relu

Séuèque, de Ira, lib. 1, cap. i

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du vice qu'il combat, le prêtre de Garthage s'attache surtout à faire ressortir la couleur morale que la vertu contraire répand sur la physionomie de l'homme :

« Essavons, dit-il, de saisir la patience dans l'ensemble de ses traits extérieurs. Elle a le visage doux et pacifique ; son front est pur, et ne connaît ni les rides de la colère ni les images de la tristesse. Ses sourcils sont toujours épanouis par la joie; ses yeux baissés, non en signe de mécontentement , mais par modestie ; le sceau du silence repose sur sa bouche. La couleur de son visage est celle de l'innocence et de la sécurité : elle agite souvent la tête pour chasser le démon, et son rire est plein de menaces contre lui. D'ailleurs le vêtement qui couvre sa poitrine est d'une blancheur éclatante et si justement appliqué au corps, qu'il n'est ni enflé ni souillé. Elle est assise sur le trône de cet Esprit de douceur et de mansuétude que nul tourbillon n'emporte, qu'aucun nuage n'obscurcit, mais qui, au contraire, se révèle dans sa tendre sérénité, toujours lumineux, toujours simple, tel enfin que le vit Élie la troisième fois. Car là où est Dieu, se trouve aussi la patience, son élève ^ »

C'est une chose admirable à observer dans un écrivain d'ordinaire si dur et si énergique, que la facilité avec laquelle il parvient à assouplir son talent pour exprimer ce que la poésie religieuse a de plus suave. Cet homme aborde avec une égale aisance les genres les plus divers. Il excelle à retracer les charmes de la vertu, comme il flagelle le vice avec une verve impitoyable. Lorsqu'il parle le langage de la piété, il sait se dépouiller à propos de la rudesse naturelle à son carac-

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