De Baptis)iio, t
2. Voyez sur le uioiio;^aai)iuié du Christ et sur l'acrostiche sybillin. les Apologistes chrétiens au deuxième siècle, II* vol., leçou XV«.
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pjnant son adversaire sous la forme d'un serpent qui recherche les lieux arides, Tertullien ait représenté les chrétiens sous l'image de poissons qui prennent naissance dans Peau : ce contraste s'offrait tout naturellement à son imagination, prompte à donner un tour figuré aux choses les plus abstraites. Partant de là, il discute Tune après l'autre toutes les questions qui rentrent dans son sujet, en dissertant tour à tour sur la matière, la forme, les effets, le ministre du baptême, et sur la disposition requise dans les adultes qui veulent recevoir ce sacrement. Ici encore, le premier écrivain de l'Église latine a fourni le modèle de ces instructions à la fois dogmatiques et morales, qui depuis lors ont enrichi le trésor de la littérature chrétienne. La principale difficulté qu'opposaient les adversaires du baptême, c'est la disproportion entre les moyens et l'effet. Gomment, disaient-ils, quelques gouttes d'eau peuvent-elles opérer un résultat si prodigieux? Cette objection, qui est celle des rationalistes de tous temps, suggère à Tertullien une page admirable de profondeur et d'élévation :
« Quelle n'est pas l'adresse de la perversité qui, soit pour ruiner la foi, soit pour empêcher qu'on ne la reçoive dans sa plénitude, sape les fondements sur lesquels elle repose. Rien ne déconcerte plus les idées de l'homme que la simplicité des opérations divines dans ce qui frappe nos sens, et la magnificence des effets qui doivent en résulter. Il en va ainsi de notre baptême. Quoi de plus simple ? Point de pompe, point d'appareil nouveau, aucune cérémonie dispendieuse. Eh bien, parce que le néophyte, plongé dans l'eau pendant qu'on prononce sur lui quelques paroles, n'en sort pas plus pur en apparence, on ne veut pas croire qu'il ait obtenu T. I. 25
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l'éternité. Chez les idolâtres, au contraire, c'est l'appareil, la pompe et les dépenses de leurs solennités ou de leurs mystères qui commandent la foi et la vénération. Misérable incrédulité! tu refuses à Dieu ce qui n'appartient (pi à lui, la simplicité unie à la puissance? — Quoi donc ? N'est-il pas étrange qu'un peu d'eau détruise la mort ? — Loin de là, il faut d'autant plus le croire, puisqu'on n'a d'autre raison pour nier la grandeur du prodige. En eflfet, quel peut être le caractère des œuvres divines, sinon de surpasser toute admiration ? Nous aussi elles nous surprennent, mais parce que nous y croyons. L'incrédulité, au contraire, s'en étonne, mais sans y croire. Ce qui est simple lui parait illusoire, ce qui et magnifique lui semble impossible. Qu'il en soit comme tu l'imagines, les oracles divins l'ont réfuté à l'avance : « Dieu a choisi ce qui était insensé selon le monde, pour confondre la sagesse humaine. — Ce qui est impossible aux hommes est facile à Dieu. » Si Dieu es! sage et puissant, chose que ne contestent pas même ceux qui le méconnaissent, il a dû faire entrer dans la matière de ses œuvres le contraire de- la sagesse et de la puissance, c'est-à-dire ce qui parait à l'homme une folie et une impossibilité. Car ce qui fait éclater la force, c'est cela même qui la défie ' »
Ainsi, Messieurs, le caractère merveilleux des opérations divines, loin de former un préjugé défavorable à leur certitude, est précisément pour nous une raison d'y croire. Car si Dieu >eut se manifester d'une fa(,-on telle qu'on ne })uiss(' pas s'y méprendre, son œuvre devra porter un cachet inimi-