‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 209 sur 234 · TRAITE DV BAPTÊME · texte numérisé non relu

TRAITE DV BAPTÊME

Ces rapports de convenance, ïertullien les cherche pour la matière du baptême. .Certes, s'il existe un élément que ses propriétés naturelles désignaient au choix de Dieu comnii' signe sensible et efficace de la purification de l'âme, c'est bien l'eau. Mais le défenseur du baptême ne s'en tient pas à cette ressemblance de la vertu matérielle de l'eau avec l'efficacité surnaturelle qu'elle acquiert dans le sacrement. Il trouve en outre dans l'antiquité, dans la dignité et dans la fécondité de cet élément, autant de titres à la prérogative qui lui est échue. A l'aide des premiers versets de la Genèse, il montre que l'eau est une de ces substances primordiales dont se composait le monde avant sa formation. Elle servait de siège à l'esprit de Dieu qui planait sur elle quand les ténèbres couvraient encore la face de l'abîme. C'est dans son sein que la vie animale s'est produite tout d'abord avant même que l'air et la terre se peuplassent de créatures vivantes. Faut- il énumérer tous les avantages que cet élément possède sur les autres, sa force ou sa grâce, son usage plus général, les services qu'il rend au monde, etc. *? Ce panégyrique de l'eau, qui sent un peu le rhéteur, rappelle assez les discussions des anciens philosophes sur le mérite relatif du feu et de l'eau. Déjà Pindare avait proclamé la supériorité de celle-ci, et Plutarque n'avait pas jugé superflu de consacrer à ce sujet une dissertation spéciale, dans laquelle, après avoir bien pesé les qualités qui distinguent l'un et l'autre élément et les services qu'ils nous rendent, il incline vers l'eau, sans toutefois se prononcer avec trop d'assurance ^.

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