De Baptismo, m
2. Leqwl est le plus utile, le feu ou l'eau. Plutarque. trad. d'Amyot, t. II, p. 176 et suiv.
Cet exercice de rhétorique est à coup sûr l'une des plus faibles pièces qui soient sorties de la plume du célèbre bioî^raphe. De nos jours, la controverse s'est rallumée , mais pour un motif plus sérieux et sur un terrain tout différent. La géologie a eu également ses partisans de l'eau et du feu, ses Neptuniens et ses Vulcaniens, suivant qu'on attribue la formation des terrains primitifs à la condensation d'un liquide tenu auparavant en dissolution, ou au refroidissement d'une masse ignée. Je suppose que Tertullien se serait rangé du côté des premiers, s'il faut en juger par le rôle prépondérant qu'il assigne à l'eau dans le système général du monde. Quoi qu'il en soit, le prêtre de Garthage a fort bien compris, comme il le dit lui-même, qu'en s'appesantissant davantage sur ces détails accessoires il finirait par faire de son traité un éloge de l'eau plutôt qu'une apologie du baptême. Toute cette partie du discours tend à prouver que Dieu n'aurait pu choisir un élément plus convenable pour le sacrement de la régénération, et que les eaux ont été présanctifiées en quelque sorte par l'esprit de Dieu, qui planait sur elles à l'origine des temps, comme pour indiquer d'avance la vertu que Tinstitution divine y attacherait plus tard. Car, dit Tauteur, la forme du baptême a été prescrite par le Christ aussi bien que la matière, et c'est l'application de l'une à l'autre qui détermine les merveilleux résultats qu'il plaît à Dieu de produire par un acte si simple en apparence \ On ne saurait mieux décrire les effets du rit sacré de l'initiation chrétienne :
1. « Lextingendi imposita est et forma prœscripta. «Ite, inquit, docete « nationes, tin»entes eas iu nomine Patris et Filii et Spiritus saucti. » De Baptismo, xiii.
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« Aussitôt (jiic Difu est iiivo(|ia'', rEsprit-Saiut descendu des cieux s'arrête sur les eaux, qu'il sanctifie par sa fécondité : les eaux ainsi sanctifiées s'impr5f(nent à leur tour de la vertu sanctifiante. D'ailleurs, elles ont un rapport de ressemblance avec le résultat d'une opération si simple: la tache du péché nous avait souillés; les eaux nous lavent de ces souillures. Mais couHTie les péchés ne paraissent pas dans la chair, car personne ne porte sur sa peau la tache de l'idolâtrie, de l'adultère ou du mensonge, ils impriment leurs souillures à l'esprit, qui est l'auteur de la faute. C'est l'esprit (|ui commande; la chair obéit en esclave. Cependant la faute est commune à tous deux, à l'esprit parce qu'il commande, à la chair parce qu'elle obéit. Voilà pourquoi, dès que les eaux ont reçu comme une vertu médicinale par l'intervention de l'aniie de Dieu, l'àme y est lavée au moyen du corps, et la chair purifiée par le ministère de l'esprit... Ce qui remédiait autrefois aux vices du corps guérit aujourd'hui l'àme; ce qui rendait la santé dans le temps procure le salut pour l'éternité; ce qui délivrait un seul homme chaque année sauve journellement des nations entières, et détruit la mort en lavant les péchés, car le baptême, remettant la faute, remet aussi la peine. Ainsi l'homme est rendu à Dieu, selon la ressemblance de celui qui avait été créé autrefois à l'image de Dieu : l'image s'applique à la forme, la ressemblance à l'éternité. L'homme recouvre, en eftet, cet Esprit-Saint que le souffle de Dieu lui avait communiqué dans le principe, mais qu'il a perdu ensuite par le péché *. »
Voilà, Messieurs, la doctrine catholique rendue avec un
l, Di- Biiplisiiiij, IV. V,