Ad Martyres, ii
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(•('j)fii(lanl (jiic la rcchcrclu' de soi-mt'iuc (liiniiiiit' le iiu-rilc du sacrifice, ot (jiir la vraie grandeur morale ne se Irouvi' point dans 1rs cllorls-dc lorfitn-il jxiiir inépriscr la douleur, mais dans riuiniililc (|iii chcrclie en Dieu de quoi vaincre la souffrance. Aussi ne s'avisc-t-ilpas deni(!r, avec les stoïciens. ([uc la douleur soil un mal: il ne dit pas aux martyrs (pi'il leur est indillcrcni de souffrir ou non ; il craint niêm*^ d'exalter leur auKtur-propre, en leur répétant ces maximes, si répandues parmi les philosophes de l'antiquité, que la pa* tience est la nianjuc d'une âme forte, qu'il est d'un homme courageux de savoir se montrer supérieur à la mauvaise fortune, etc. Terlullien s'élève bien au-dessus de ces considérations humaines où la vanité trouve si facilement son compte: il puise ses arguments aux sources les plus pures de la foi. Le sentiineni du devoir, des obligations que le chrétien contracte à son l)a[)lèine, le souvenir des promesses divines qui soutient l'espérance et nourrit [la charité, voilà les mobiles qui doivent* pousser le martyr à supporter patiemment les épreuves de la persécution.
« Mettons, si vous le voulez, bienheureux confesseurs, que la prison soit un séjour incommode aux chrétiens eux-mêmes. N'avons-nous pas été enrôlés dans la milice du Dieu vivant, le jour où nous répondîmes aux paroles du sacrement ? Quel soldat s'attendit jamais à trouver sous les armes de quoi flatter sa délicatesse'? Ce n'est point d'un lit de repos qu'il s'élance au combat, mais d'une tente étroite où la dureté de la terre, l'inclémence des saisons et une nourriture grossière l'ont préparé à la fatigue. Que dis-je ? la paix elle-même n'est pour lui qu'un dur et laborieux apprentissage de la guerre: il afait de longues marches sons k's armes, il a franchi la plaine au
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pas de course, il a creusé des retranchements, il a lornié la tortue. Rien qui ne s'achète au prix, de la sueur, afin de tenir en haleine les corps et les courages. Il faut passer incessamment de l'ombre au soleil, de la chaleur au froid, delà tunique à la cuirasse, du silence au cri de guerre, du repos à l'agitation. Par conséquent, bienheureux frères, quelque dures que soient vos épreuves, regardez-les comme un exercice où se retrempent les forces de l'àme et du corps. Oui, vous allez soutenir le bon combat où vous aurez pour juge le Dieu vivant, pour guide l'Esprit saint, pour couronne l'éternité, pour prix de la victoire une vie angélicfue dans le ciel et la gloire dans les siècles des siècles^ »
Ainsi l'obligation de remplir les devoirs de la milice chrétienne, et la perspective d'une félicité éternelle, tel est le double motif que Tertullien fait valoir dans son Discours aux martyrs. En prenant son terme de comparaison dans les exercices de la vie militaire, l'orateur africain se rapproche du IP livre des Tusculanes. Là, Gicéron cherche également à fortifier son interlocuteur contre la crainte des souffrances. Il énumère à cet effet toutes les raisons que pouvait lui suggérer riionnèteté païenne, en montrant ce que l'exercice, l'habitude et la réflexion ont de force pour apprendre à mépriser la douleur. Afin de confirmer son raisonnement par les faits, il cite divers exemples que Tertullien reprend après lui, bien que la conclusion ne soit pas la même de part et d'autre. Permettez-moi, Messieurs, de comparer entre eux ces deux morceaux inspirés par des doctrines si difiéreutes.
« A Sparte, dit l'orateur romain, on fouette les entants au