‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 25 sur 234 · I. Ad Martyres, m · texte numérisé non relu

I. Ad Martyres, m

oO PREMIER ESSAI DE TE UTILLIEN.

pied do l'îiiilcl juscinà clVnsion de sang; quelquefois même, à ce (nr<)ii m'a dit sur les limx, il y en a (jni expirent sous les coups, et cela, sans qu'aucun d'eux ait laissé échapper, je ne dirai pas un cri, mais un simple gémissement. Voilà ce (jue peuvent des enfants, et des hommes ne le poiu-ront pas! Voilà ce que fait la coutume, et la raison n'en aura pas la force!... Parlerai-je des armées? Eh bien I \g nom d'exercitus qu'elles portent ne vient-il pas. dites-moi. des exercices pénibles auxquels on les soumet? Quelle fatigue pour un soldat, lorsqu'il marche, d'être chargé de vivres pour plus de quinze jours, et de porter, outre cela, son bagage et un pieu! A l'égard du casque, du bouclier et de l'épée, il ne les compte pas plus pour un fardeau que ses épaules, ses bras, ses mains. Un langage usité parmi les soldats, c'est que leurs armes sont leurs membres; et en effet, si l'occasion se présente, ils mettent bas le reste de leur fardeau et se servent aussi lestement de leurs armes que si elles faisaient partie de leur corps. Quel travail que celui de nos légions dans leurs divers exercices, course, mêlée, cris de guerre!... Mais les gladiateurs, des scélérats, des barbares, jusqu'où ne poussent-ils pas la constance? Pour peu qu'ils sachent leur métier, n'aiment-ils pas mieux recevoir un coup que de l'esquiver contre les règles ? On voit que ce qui les occupe le plus, c'est le soin de plaire à leur maître et aux spectateurs. Tout couvertsde blessures, ils envoient demander à leur maître s'il est content : s'il l'est, ils sont prêts à tendre la gorge. Jamais le moindre d'entre eux a-t-il ou gémi, ou changé de visage? Quel art dans leur chute même, pour en dérober la honte aux yeux du public ! Renversés enfin aux pieds de leur adversaire, s'il leur présente le glaive, tournent-ils la tête? Voilà ce que l'exer-

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