Tacite. Ann., I. ii, c. l. — Pline le Jeime, 1. n, p. H
généraux de la ri''pul)li(iue, et qui, soulevées par Tacfarinas, venaient encore une fois de (|uiiter leurs villes de boue et de paille, pour entreprendre, sous Tibère, une lutte indigne d'avoir eu pour historien Tacite ^ Ce n'est pas au milieu d'elles que notre sujet va nous conduire. Tout ce qu'il y avait en Afrique d'élégance et de politesse était répandu le long de la mer dans ces colonies ou municipes romains formés à l'image de la mère-patrie. Là, on retrouvait, avec le luxe de la civilisation ancienne, tous les vices d'une corruption effrénée. Transportées sous le ciel de l'Afrique, où les passions sont plus vives, les habitudes voluptueuses des Romains delà décadence y avaient amené un débordement de mœurs dont l'histoire offre peu d'exemples. Réduit à des pratiques superstitieuses sans efficacité pour la conduite de la vie, le culte païen y favorisait le désordre plutôt qu'il ne l'arrêtait. Tous les écrivains de l'époque s'accordent à dépeindre l'état moral de l'Afrique romaine sous les plus sombres couleurs. Hérodien, en particulier, nous apprend à quel point le luxe et les plaisirs avaient énervé et amolli les habitants de la nouvelle Cartilage *. Du reste, il me suffira de vous citer une page de Salvien, écrite plus tard, il est vrai, mais qui devait s'appliquer avec bien plus de raison à une époque que le christianisme n'avait pas encore pénétrée au même degré de son influence salutaire.
« J'ignore, s'écrie l'éloquent prêtre de Marseille, s'il est un vice qui ne se trouve pas chez les Africains, et cela presque chez tous. Parle-t-on d'inhumanité? Ils sont cruels. D'ivrognerie? Ils sont adonnés au vin. De fausseté? Ils sont trom-