‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 44 sur 234 · Ibid, m · texte numérisé non relu

Ibid, m

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monuments de l'apologétique chrétienne, la conclusion diffère du tout au tout. A la vue du désaccord qui règne entre les maîtres de la science sur des questions dont dépend la direction de la vie, Ciréron désespère de pouvoir arriver à la certitude. Lui, qui excelle à ruiner les opinions de ses devanciers, avoue franchement son impuissance à rien édifier lui-même, et sa conclusion finale en matière religieuse, c'est qu'il faut savoir douter.

« La diversité et la contrariété même qui se remarquent dans les opinions des plus savants sur la nature des dieux font bien voir que le fondement, le principe de la philosophie, c'est d'ignorer; et par conséquent que les académiciens ont eu raison de suspendre leur jugement dans des choses incertaines... Ce n'est pas que nous prétendions qu'il n'y ait rien de vrai. Nous disons seulement que le faux est mêlé partout de telle façon avec le ^Tai, et lui ressemble si fort, qu'il n'y a point de marque certaine pour les distinguer sûrement. Nous ajoutons qu'il y a beaucoup de choses probables et qu'au défaut de l'évidence une grande probabilité doit régler la vie du sage.... Quand on considère combien les hommes les plus doctes ont été partagés sur la question des dieux immortels, il y a certes de quoi faire douter ceux-là mêmes qui se piquent d'avoir trouvé là-dessus quelque chose de certain... J'en ai fait souvent la remarque, il ne m'est pas aussi facile de trouver les raisons qui établissent le vrai, que celles qui combattent le faux. Demandez-moi quelle est positivement ma pensée sur la nature des dieux, peut-être vous laisserai-je sans réponse. Que vous me demandiez au contraire si je me rencontre là-dessus avec vous, mon parti sera pris à l'instant même pour la négative... Ne l'oubliez pas. sur

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ces sortes de matières principalement, il m'est plus aisé d'attaquer l'opinion d'autrui que de fixer la mienne \ »

Voilà dans quelle situation d'esprit se trouvait Cicéron en présence du désaccord qui régnait parmi les philosophes de l'antiquité sur le point fondamental de la religion. S'il ne va pas jusqu'au scepticisme complet, il s'arrête à un état d'indécision (jui n'est guère préférable. Quelle différence. Messieurs, entre ces opinions vagues, flottantes, et la fermeté de convictions que montrent les apologistes chrétiens! Tertullien n'attaque pas avec moins de force que Cicéron les systèmes contradictoires de ces prétendus maîtres de la sagesse; mais il se garde bien de conclure avec lui qu'on ne peut arriver à la certitude sur des questions où il y va de tout l'homme, des devoirs de sa vie présente comme de ses destinées futures. En place du doute qui est le dernier mot du traité Sur la Nature des dieux, Fauteur des Discours aux nations met une connaissance certaine, appuyée sur la double autorité de la raison et de la foi. Il n'agit pas à la façon du critique païen qui se fait un malin plaisir de mettre à nu la' faiblesse des systèmes d'autrui, sans rien affirmer de meilleur pour son compte. S'il démolit à son tour les fragiles constructions de la sagesse humaine, c'est uniquement pour y substituer le majestueux édifice de la vérité divine. Voilà le trait qui sépare entre elles l'argumentation de Tertullien et la critique de Cicéron. Mais, à part cette différence qui est capitale, l'orateur romain s'accorde avec le prêtre de Carthage sur la valeur des théories philosophiques du vieux monde. Cette ressemblance éclate encore davantage dans l'appréciation

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