I. A 1. 1 R E It T E n E C 0 ?S se I E N C E
d'exclure d'une manière absolue la répression d'erreurs dangereuses. Le christianisme a droit à une liberté pleine et entière, parce qu'il est la vérité et la sainteté même.
Nous avons dit que les magistrats de l'empire refusaient de suivre les apologistes sur le terrain de la discussion des doctrines. Que le christianisme fût vrai ou non, appuyé sur des preuves certaines ou insufïîsantes, voilà ce qui inquiétait fort peu des hommes dont l'unique argument était la raison d'État. Toute la question pour eux se résumait dans ce raisonnement : « Nos lois vous sont contraires, donc vous devez disparaître. » Mais, leur répond Tertullien, si vos lois sont injustes, il faut les changer, car c'est l'équité seule qui rend les lois respectables. Qu'y a-t-il de surprenant qu'un législateur ait pu se tromper? Serait-ce qu'il vous répugnât de modifier des décrets déjà anciens ?Maisc'est ce que vous faites tous les jours. Hier encore, l'empereur Sévère, tout ennemi qu'il est des innovations, n'abrogeait-t-il pas la loi Papià sur les mariages ? Et cette loi barbare qui permettait au créancier de couper par morceaux un débiteur insolvable n'a-t-elle pas été abolie par les suffrages unanimes du peuple romain? Que sont devenues vos lois somptuaires, ces antiques règlements qui sauvegardaient la pureté des mœurs, ces vieilles coutumes qui protégeaient la modestie et la tempérance, à tel point que pendant près de six cents ans aucune maison n'offrit l'exemple du divorce ? En résumé, vous retenez ce qu'il faudrait rejeter et vous repoussez ce que vous devriez conserver \ D'ailleurs, quelle est l'origine des lois qui nous concernent? Nous savons qu'il existe un ancien décret qui