DePrcvid., 1. vu
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trino ne peut les approuver, trouvent du moins leur excuse dans les circonstances qui les provoquent et dans le sentiment de la vertu (pi'ils supposent.
Je n'aurais pas, Messieurs, décrit suffisamment le milieu dans le(piel ont vécu les orateurs chrétiens dont nous commençons rétude, si je n'ajoutais en même temps quelques détails sur l'état des lettres dans cette partie du monde romain. L'ancien idiome des Carthaginois avait été la langue punique, fille de la langue phénicienne qui elle-même offre de grandes affinités avec l'hébreu. Nous trouvons dans une comédie de Plaute, intitulée Pœntilus ou le jeune Carthaginois, plusieurs passages en langue punique, qui peuvent donner quelque idée de ce dialecte oriental. Mais, par suite de l'entière destruction de Carthagc, l'idiome des vaincus avait dû se réfugier dans quelques villages africains, où il linit par se dénaturer et se perdre. « C'était le propre de la conquête fomaine, dit Pline l'Ancien, de ramener à une langue commune les idiomes sauvages et discordants des races humaines\» Lors donc que C Gracchus, et après lui César^ envoyèrent des colons italiens pour repeupler Carthage et occuper les côtes de la Libye, ces derniers y portèrent avec eux la langue latine, sans exclure néanmoins l'usage du grec. J'ai expliqué plus d'une fois par quelle réunion de causes la langue grecque avait survécu à la domination universelle de Rome, pour rester en général l'idiome de la politesse et de la science à côté de l'idiome officiel du pouvoir et de l'autorité. C'est ainsi que nous avons vu, l'an dernier, saint Irénée écrire en grec son traité contre les hérésies dans l'une des provinces les