‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 7 sur 234 · Hist. nat.. 111, o · texte numérisé non relu

Hist. nat.. 111, o

A L'ÉPOQUE DE TEUTULLIEN. l'j

plus envahies par l'influence romaine, la Gaule *. Un fait analogue va se présenter à nous en Afrique. TertuUien y compose en grec plusieurs de ses traités, ce qui prouve évidemment que cette langue y était fort usitée. Toutefois, Messieurs, il est vrai de dire que le latin prédominait dans ces colonies ou municipes romains dont Garthage était le centre. La littérature latine, avec son caractère oratoire et son culte de la rhétorique, devait plaire davantage aux Africains qu'une imagination plus ardente que réglée portait facilement à l'enflure et à la déclamation. Aussi Juvénal appelle-t-il l'Afrique « la pépinière des avocats ' » ; et la physionomie générale de l'éloquence chrétienne elle-même, dans cette partie de l'Église, n'est pas de nature à infirmer ce jugement. Nous n'avons pas beaucoup de noms à citer dans les annales littéraires de l'Afrique, avant cette pléiade d'orateurs chrétiens qui surgissent à partir du deuxième siècle. Térence ne se rattache à Garthage que par son origine : sa langue est celle des classes cultivées de Rome, où il passa presque toute sa vie, et ne rappelle en rien la patrie qui l'a vu naître. De même, le grammairien Sulpicius Apollinaire^ dont Aulu-Gelle fait un si pompeux éloge dans les Nuits attiques, ne nous est plus connu que par les résumés en vers qu'il mit en tète des pièces de Térence^ son compatriote. Le rhéteur Fronton,. né à Girta vers la fin du premier siècle^ nous permet de mieux apprécier^ par ce qui nous reste de ses discours et de ses lettres, le genre d'éloquence qui prévalait alors en Afrique. Bien qu'il affecte de s'élever contre les froides déclamations auxquelles se plai-

1. S. Irénée et l'éloquence chrétienne dans la Gaule, leçou X», p. 180 et suiv.

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