‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 65 sur 234 · I.K CRFMK HE F>ÈSr:-MA.( RSTK · texte numérisé non relu

I.K CRFMK HE F>ÈSr:-MA.( RSTK

le caractère politique tle la religion des Romains. En réalité, la véritable divinité de Rome, c'était Rome elle-même, Rome (|ui laisait et qui dél'aisaiL les autres dieux à son gré. C'est à elle, à la patrie déifiée, que le citoyen doit son culte et l'hommage de tout son être. Les dieux de l'Olympe n'ont de valeur pour lui que parce que Rome les a adoptés: cette reconnaissance est le seul titre qu'ils aient à sa vénération. Pour le Grec, esclave de l'art et de la forme^ le dieu suprême, c'est la nature dont l'homme reste l'expression la plus brillante; aux yeux du Romain, avide de gloire et de domination, c'est la patrie : les autres dieux ne sont que secondaires auprès de cette divinité principale, à laquelle il sacrifie sa vie terrestre, puisque ses espérances ne vont pas au delà. Lors donc que la patrie se fut absorbée dans un homme, et que le peuple romain s'appela tour à tour Auguste, Tibère, Néron, Caligula. la divinité de Rome passa tout naturellement à celui qui en était le résumé et l'incarnation vivante. L'apothéose impériale devenait la conséquence logique de tout le système. Dès lors il fallait bien reconnaître le nouveau dieu, jurer par son génie ou par sa fortune, sacrifier en son honneur, sous peine de se rendre coupable du crime de lèse -majesté divine et humaine. Quand Caligula menaçait .lupiter de le renvoyer au pays des Grecs, si le dieu continuait à faire la sourde oreille, il se formait une idée fort juste de son pouvoir. Qu'était-ce que Jupiter auprès du maître des nations? un décret de César pouvait le reléguer au rang des simples mortels. Aussi Valère-Maxime résumait-il assez bien le sentiment général en disant : « Nous avons laissé là le reste des dieux, pour nous en tenir aux Césars \ » Yoilà, Messieurs, le grand obstacle

Page 1