I.'APOLOGKTIOUi
contre lequel venait se heurler la religion chrétienne. En refusant de rendre un culte religieux à César, ses adhérents no pouvaient érhai)p('r à l'accusation de lèse-majesté. Qu'est-ce donc ([u'il iallait l'aire pour se disculper de ce grief l'orraidable ? Distinguer les deux majestés, divine et humaine ; montrer que l'empereur n'a rien qui dépasse les conditions (h* 1 humanité, (pi'il a droit à une soumission pleine el entière dans les choses de l'ordre temporel, bien que son pouvoir expire au seuil de l'àme. C'était sans contredit la partie la plus délicate de l'ajjologétique chrétiemie; mais je dois ajouter que nul autresujetn^inspira aux défenseurs de l'Évangile un langage plus noble ni plus élevé. Avant d'écouter la réponse de Terlullien. permettez-moi de vous montrer par un exemple comment l'accusation de lèse-majesté se formulait devant les magistrats de l'empire.
Choisissons à cet effet les actes proconsulaires des martyrs scillitains, document respectal)ie entre tous par son authenticité. Aucune pièce ne saurait avoir [)lus de rapport avec r Apologétique de Tertullien, qui parut Tannée même où ces douze confesseurs de la foi furent exécutés à Carthage; car c'est dans cette ville que le proconsul YigelliusSaturninus les avait fait conduire du bourg de Scilla, leur patrie. Peut-être même ne s'éloignerait-on pas de la vérité en supposant que cette scène sanglante devint l'occasion du magnifique plaidoyer qui nous occupe. La co'incidence des dates et la célébrité qui s'est attachée en Afrique au nom des martyrs scillitains ne rendent pas cette conjecture improbable. Ce qu'il y a de certain, c'est que le discours de Tertullien peut passer pour nu véritable commentaire des paroles si simples et si jurandes • pi'avaient l'ait entendre devant le tribunal ces gc-néreux