L'Al'OLor. KTIQUK
seul trait de l'abaissement des esprits au moment où le christianisme venait enseigner aux peuples la vraie notion du pouvoir. Quelques annres plus tard, il esl vrai, le poêle stoïcien se ven^^era de sa disj^ràce en déclamant contre le dieu auquel il avait jadis consacré sa muse. « Le§ guerres civiles, dira-t-il alors, nous ont donné de nouveaux dieux: elles ont remis la loudre à des mains jnortelles, couronné d'étoiles et de rayons des lêles humaines. Rome, dans ses temples, jure par de vaines ombres \ » Mais ce revirement d'idées n'est (|u'un efî'et de la ranciuieeL n'atteste (pie davantage l'absence des convictions religieuses de ces âmes toujours prêtes à renier le lendemain ce qu'elles adoraient la veille. Pourquoi des hommes auxquels on répétait tous les jours et sur tous les tons qu'ils étaient dieux n'auraient-ils pas Uni par le croire? La plupart d'entre eux pouvaient soutenir, sans trop de désavantaj'e, le parallèle avec les dieux de l'Olympe, (|ui ne leur cédaient ni en crimes ni en turpitudes. Je comprends que Néron, voyant la première assemblée du monde lui décerner des autels comme à un être élevé au-dessus de toute grandeur humaine-, se soit résigné à prendre sa divinité au sérieux, et (pi il ait pu dire un jour sans rire : « Les poissons me rapporteront Itie'u tels objets précieux enlevés par un naufrage. » Ces basses impiétés répétées sans cesse par mille bouches devaient produire leur fruit. Il était réservé à la parole évangéli(iue de briser cette dernière idole du paganisme en remettant les hommes et les choses à leur place. Nous venons d'entendre Lucain divinisant Néron ; ('"contons Tertullien relevant d'autant plus la di-