‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 86 sur 234 · I.I-; CIlKKTlEiN" Eï LE CITOYEN · texte numérisé non relu

I.I-; CIlKKTlEiN" Eï LE CITOYEN

nous nous laissions ainsi égorger. Nous voulons bien ressembler à des brebis, nous contenter de bêler comme elles, et nous couvrir de leur peau pendant que nous serons faibles; mais quand les dents et les ongles nous seront venus comme à de jeunes lions, et que nous aurons appris à faire des veuves et à désoler les campagnes, nous saurons bien nous faire sentir, et on ne nous attaquera pas impunément. Avoir de tels sentiments, n'est-ce pas, sous un beau semblant d'obéissance et de modestie, couver la rébellion et la violence dans son sein ? Mais que serait-ce, s'il fallait trouver cette hypocrisie, non plus dans les discours des chrétiens, mais dans les préceptes des apôtres et dans ceux de Jésus-Christ même? Oui, mes frères, dira un saint Pierre ou un saint Paul, dites bien qu'il faut obéir aux puissances établies de Dieu, et que leur autorité est inviolable; mais c'est tant qu'on sera en petit nombre : à cette condition et en cet état vantez votre obéissance à toute épreuve. Croissez cependant; et quand vous serez plus forts, alors vous commencerez à interpréter nos préceptes en disant que nous les avons accommodés au temps : comme si obéir et se soumettre c'était seulement attendre de nouvelles forces et une conjoncture plus favorable, ou que la soumission ne fût qu'une politique*. » A coup sûr. Messieurs, il eût été difficile de mieux faire sentir à quel point les explications de Buchanan et de Jurieu étaient contraires aux discours des apologistes et à la conduite des martyrs. Mais, peut-être, me ferez-vous une objection à propos du sentiment de Tertullien et de Bossuet. Si vous refusez aux premiers chrétiens le droit de défendre leur

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