‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 89 sur 234 · L'APOLOGÉTIQUE · texte numérisé non relu

L'APOLOGÉTIQUE

sainte parole nourrit notre foi. relève notre espérance, affermit notre conliance, et resserre de plus en plus la discipline en inculquant le précepte. C'est là que se l'ont les exhortations et les corrections, là que se prononcent les censures au nom de Dieu. Pénétrés de cette pensée que Dieu nous regarde, nous jugeons, avec maturité ei c'est un terrible préjugé pour le jugement futur, quand quelqu'un a mérité d'être banni de la communion des prières, de nos assemblées et de tout ce saint commerce*. Des vieillards président; ils parviennent à cet honneur, non par l'argent, mais par le témoignage d'un mérite éprouvé. Rien de ce qui concerne les choses de Dieu ne s'achète : si l'on trouve chez nous une espèce de trésor, on ne peut pas nous reprocher d'avoir vendu la religion pour l'amasser. Chacun apporte tous les mois son modique tribut, lorsqu'il le veut, s'il le veut, et dans la mesure de ses moyens : personne n'y est obligé; rien de plus libre que cette contribution. C'est là comme un dépôt de piété qui ne se consume point en festins, en débauches, en stériles prodigalités; il n'est employé qu'à nourrir et à enterrer les indigents, à soulager les orphelins délaissés, les domestiques cassés de vieillesse, les naufragés... Une telle réunion d'hommes probes, pieux et chastes, n'est pas une faction ; on doit l'appeler un sénat*. »

Ce magnifique tableau de la vie des premiers fidèles coniirmait à merveille le raisonnement de Tertullien ; car les conspirateurs ne se recrutent point parmi de tels hommes, et la société civile n'a pas de plus fermes soutiens que ceux dont

1. On voit par là quelle grande place l'excommunication occupait dans l'Église primitive, et quelle idée on se faisait de sa gravité et de ses effets.

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