ORIGINES
Décentius « que nul n'a établi d'églises en Afrique comme dans le reste de l'Occident, si ce n'est ceux qu'ont députés à cet effet l'apôtre Pierre et ses successeurs » *. Il résulte de là que l'Église d'Afrique doit à celle de Rome son existence et son organisation primitive.
J'ai dit, Messieurs, que la religion chrétienne a été implantée de bonne heure dans la contrée qui nous occupe. Selon toute apparence, les premières conquêtes que l'Évangile y a faites ne doivent pas être postérieures au premier siècle : ce qui le prouve, c'est l'état florissant de l'Église en Afrique vers la fin du deuxième. Des communautés nombreuses, un développement puissant de la vie chrétienne, un code disciplinaire très détaillé, tout cela suppose au moins le travail d'un siècle. Il faut bien admettre cette hypothèse, lorsqu'on songe qu'Agrippinus, évêque de Carthage, a pu réunir avant l'année 200 un concile de soixante-dix évêques appartenant aux seules provinces de la Numidie et de l'Afrique proconsu- • laire ; encore saint Gyprien, qui rapporte le fait avec saint Augustin *, insinue-t-il que cette réunion ne comprenait pas tout l'épiscopat africain ^. Une extension si rapide de la hiérarchie ecclésiastique démontre sans nul doute que le christianisme avait déployé dans cette partie de l'empire romain une fécondité merveilleuse ; et si vous vous rappelez ce que nous avons dit la dernière fois de l'état religieux et moral de l'Afrique païenne, vous n'hésiterez pas à conclure avec moi qu'on ne saurait attribuer de pareils succès à des causes pure-
i. Gregor. M. Epist., 1. 1, 77. — Apud Harduinum, Conc, t. Il, p. 995. — Gregor. M. EpisL, 1. viii, 33.
2. S. August., de Unitate bapt, c. xiii, n» 22. — S.'Cyprien, Ep. 71.