‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 111 sur 211 · De Idol, xH · texte numérisé non relu

De Idol, xH

232 TKAITÉ DE L'IDOLATRIE.

si, dans l'espèce, les professions que blâme TertuUien font partie des choses dont Dieu demande le sacrifice. Dans l'ardeur qu'il met à défendre son opinion, le prêtre de Carthage abuse des maximes évangéliques jusqu'à en forcer le sens. En déclarant heureux les pauvres selon l'esprit, le Sauveur voulait parler du détachement des biens terrestres, qui peut se trouver dans la richesse non moins que dans l'indigence. Quand il exhortait les disciples à chercher avant tout le royaume de Dieu et sa justice, il n'entendait nullement par là qu'on ne dût pas demander à un travail légitime le moyen de s'habiller et de se nourrir. De même, ce n'est pas à tous indistinctement qu'il a donné ce conseil de perfection : Vendez vos biens et distribuez-en l'argent aux pauvres. TertuUien prend ici le conseil éva'ngélique pour le précepte, comme il confondait tout à l'heure la coopération matérielle au péché d'autrui avec la coopération formelle. Je ne voudrais pas me montrer trop rigoureux envers ce grand écrivain : rien n'est plus facile que de trouver en sa faveur des circonstances atténuantes dans les ardeurs de la polémique et dans la nécessité d'inculquer avec force aux chrétiens de son temps la loi du détachement ; mais lorsqu'on réfléchit aux excès où il s'est vu entraîné plus tard, on ne peut qu en chercher la source dans cette tendance à vouloir exagérer la règle des mœurs.

L'auteur du Traité de Vidoldtrie garde plus de réserve dans le jugement qu'il porte sur d'autres professions qui ont un lien moral avec le polythéisme. C'est ainsi qu'il proscrit avec raison, comme indigne d'un chrétien, la magie et l'astrologie, quoiqu'il ne les distingue pas suffisamment de l'astronomie et des mathématiques*. Il ne s'éloigne pas non plus

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