ORIGINES
les lumières qu'elle fait briller aux yeux de rinielligence et parla force qu'elle communique à la volonté ; mais les causes extérieures facilitent ce travail intime. En signalant plus tard les raisons qui amenaient les païens à l'Évangile, TertuUien semble indiquer celles qui avaient fait impression sur luimême. D'une part, l'absurdité manifeste des religions polythéistes et l'insuffisance des systèmes philosophiques pour la satisfaction des besoins de l'âme; de l'autre, la divine majesté des Écritures, la vie exemplaire des chrétiens, le pouvoir surnaturel que ceux-ci exerçaient sur les démons, voilà, pour un esprit observateur comme le sien, autant de marques qui lui servaient à discerner la vérité de l'erreur. Mais un spectacle qui a dû agir avec plus de force encore sur cette âme faite pour comprendre la grandeur et la beauté de l'héroïsme, c'est la constance des martyrs au milieu des tourments qu'ils souffraient pour la foi. TertuUien en reçut une impression qui ne devait plus s'eflfacer. Longtemps après ce moment qui avait décidé de sa propre conversion, il aimait encore à montrer quelle puissante influence doit exercer un tel exemple sur tout homme qui cherche sincèrement la vérité. « Qui peut assister à ce spectacle, s'écriait-il, sans éprouver le désir de scruter le mystère qu'il renferme? Le mystère une fois pénétré, ne vient-on pas se joindre à nous? Une fois dans nos rangs, n'aspire-t-on pas à souffrir?... Pas d'homme qui, à l'aspect de cette prodigieuse patience, se sentant pressé comme par un aiguillon d'examiner ce qui est en cause, n^embrasse la vérité aussitôt qu'il la connaît*. » En parlant de la sorte, le prêtre de Carthage nous révèle ce qui avait dû se passer en