‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 138 sur 211 · Jftid., IV · texte numérisé non relu

Jftid., IV

290 LE MONTANISME.

qu'il nous invite à la souffrance, ce qui est tout juste le contraire de la fuite *. »

Il n'y a pas la moindre opposition entre les deux membres de ce dilemme que TertuUien retourne sous toutes les formes avec tant de complaisance. Dieu veut que nous supportions l'épreuve lorsqu'elle nous atteint malgré nous, et nous permet en même temps de l'éviter s'il est possible, quand il doit résulter un plus grand bien de notre fuite. Aussi nous ordonnet*il de souffrir la maladie avec patience, tout en nous permettant de la prévenir par toutes les précautions qui sont en notre pouvoir^ L'argumentation de Tertullien ne résiste pas à une critique sérieuse. Ses adversaires ne manquaient pas de lui opposer le texte de l'Évangile où le Sauveur recommande à ses disciples de fuir de cité en cité poui* échapper à la persécution ^ Voulant se tirer d'embarras, le docteui* montaniste prétend que ce précepte ne s'applique qu'aux apôtres, et ne va pas au delà. Le motif qu'il allègue poui* cette restriction, c'est que l'Évangile eût été étouffé à son bércçau^ si les apôtres n'avaient eu lé droit de se soustraire à la mort par la fuite ; orj dit*ili une telle raison né subsiste plus depuis que la religioil chrétienne est répandue par iout l'univers K înter-^ pr^tatîon arbitraire, s'il en fut jamais t Les intérêts dé la foi pouvaient exiger ces mesures de précaution au troisième siècle comme au premier. Aussi Tertullien éprouve-t-il le besoin d'appuyer son commentaire sur l'autorité des nou. veaux prophètes. Pour condamner la fuite pendant la persécution, il cite avec une confiance aveugle quelques maximes

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